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Bernardin Muzungu: le préjugé de race

Article 2 de la Déclaration de l’UNESCO du 27 novembre 1978 sur la race et les préjugés raciaux

1. Toute théorie faisant état de la supériorité ou de l’infériorité intrinsèque de groupes raciaux ou ethniques qui donnerait aux uns le droit de dominer ou d’éliminer les autres, inférieurs présumés, ou fondant des jugements de valeur sur une différence raciale, est sans fondement scientifique et contraire aux principes moraux et éthiques de l’humanité.

2. Le racisme englobe les idéologies racistes, les attitudes fondées sur les préjugés raciaux, les comportements discriminatoires, les dispositions structurelles et les pratiques institutionnalisées qui provoquent l’inégalité raciale, ainsi que l’idée fallacieuse que les relations discriminatoires entre groupes sont moralement et scientifiquement justifiables; il se manifeste par des dispositions législatives ou réglementaires et par des pratiques discriminatoires, ainsi que par des croyances et des actes antisociaux; il entrave le développement de ses victimes, pervertit ceux qui le mettent en pratique, divise les nations au sein d’elles mêmes, constitue un obstacle à la coopération internationale, et crée des tensions politiques entre les peuples; il est contraire aux principes fondamentaux du droit international et, par conséquent, il trouble gravement la paix et la sécurité internationales.

3. Le préjugé racial, historiquement lié aux inégalités de pouvoir, se renforçant en raison des différences économiques et sociales entre les individus et les groupes humains, et visant encore aujourd’hui à justifier de telles inégalités, est totalement injustifié. 

 

« Il est plus facile de briser un atome que de briser un préjugé »  Albert EINSTEIN

INTRODUCTION

Au Rwanda, avant la colonisation, les Tutsi et les Hutu existaient mais cela n’était pas un problème. Aujourd’hui, c’est le problème numéro un. La colonisation de notre pays par l’homme blanc a introduit dans la relation entre nos deux groupes sociaux son « préjugé de race » qui est devenu maintenant une véritable idéologie politique. Le colonisateur n’a pas inventé sur place ce préjugé racial. Il l’a apporté dans ces bagages. Il l’a vécu chez lui avant de l’exposer chez nous. Dans cette réflexion, nous allons résumer l’histoire de ce phénomène. Nous suivrons un plan très simple: 1/ l’origine des préjugés en général ; 2/ le préjugé de race en particulier ; 3/ le préjugé de l’ethnisme au Rwanda.

I. L’ORIGINE DE TOUT PREJUGE

Le terme « pré-jugé » est un concept clair. C’est un jugement adopté sans examen par généralisation hâtive d’une expérience personnelle ou imposée par le milieu, l’éducation (Le petit Larousse).

Tout « pré-jugé » se base sur deux principaux facteurs : la différence et l’inégalité entre des individus ou des groupes qui vivent ensemble.

I.1 La différence

Pour vérifier ce critère, suivons la méthode inductive et prenons un exemple : le pré-jugé de sexe. La majorité des cultures – hormis sans doute les traditions matriarcales – considère le sexe masculin. Apparemment, la première raison de ce préjugé est le fait de la différence entre les deux sexes. Le fait est inné et s’impose. Il conditionne les rapports entre les deux groupes humains. La différence des sexes est non seulement une valeur positive mais elle est nécessaire pour la vie humaine, pour son équilibre et pour la propagation de l’espèce.

I.2 L’inégalité

De la différence, on en est venu à l’inégalité. Le sexe masculin est le sexe « fort » et l’autre est le sexe « faible ». Les deux partenaires semblent accepter de commun accord ce jugement.

Ce constat noté, on peut se poser la question du vrai fondement de ce pré-jugé si répandu et si facilement accepté même par les victimes ? Le mouvement pour l’émancipation de la femme rencontre encore des obstacles solides. Il y a, peut-être, un certain penchant naturel qui vient de l’égoïsme humain. Chaque personne ou chaque groupe essaie de se valoriser en rabaissant les autres différents de lui. Peut-être que dans la nature du sexe masculin, ce penchant est plus fort que chez la femme. Il y a sûrement un point obscur sur cette question dans la conscience de l’humanité.

Une évolution doit se faire pour avoir une attitude positive à l’égard de la dimension sexiste de l’humanité qui n’est complète qu’en bisexité. La tradition chrétienne donne à penser qu’il y a là aussi une séquelle du péché originel.

Ces deux critères – différence et inégalité – semblent constituer des fondements de tout pré-jugé sous forme de justification naturel et même religieuse. L’égoïsme de la partie qui dispose d’une réelle supériorité physique, économique ou militaire, impose le point de vue de ses intérêts. Nous allons réexaminer cette tentative d’explication dans le cas du pré-jugé de race.

II. LE PRE-JUGE DE RACE

L’idée que les races ne sont pas égales semble être le pré-jugé répandu dans toutes les cultures. Deux catégories nous offrent une référence exemplaire : les peuples dits  « primitifs » et les peuples dits « purs » ou « nobles ».

II.1 Les peuples « primitifs »

Il n’est pas nécessaires de faire œuvre d’érudition pour expliquer en quoi consiste ce pré-jugé de race. L’anthropologie physique dans les deux branches de la paléontologie (étude de l’homme fossile) et de la somatologie (étude des races) est une discipline scientifique bien connue. Des ouvrages nombreux et valables en cette discipline existent. Pour ce qui est de notre sujet, on peut citer un auteur célèbre en son genre : Lucien Lévi-Bruhl et son ouvrage « la mentalité primitive » (Parsi, Alcan, 1922).

Cet auteur, a vulgarisé un mode de pensée du monde occidental, éduqué au conceptualisme grec, au rationalisme de Descartes et au positivisme de Comte. Cette conception, affrontée à celle des autres peuples de cultures différentes, a cru rencontrer un mode de pensée « pré-logique ». Comme le définit très justement l’un de ses théoriciens, « la mentalité primitive ou prélogique est le niveau de rationalité le plus bas, en dessous duquel on ne peut descendre sans choir dans l’animalité ».

Un autre célèbre théoricien de ce pré-jugé de races, parmi tant d’autres, est Joseph-Arthur Gobinau qui a écrit un livre bien significatif : « Essai sur l’inégalité des races humaines » (Paris, 18953-1855). Nous reviendrons sur ces théories de races. Nous estimons inutile, toutefois, de prouver l’identité de nature entre tous les humains et de montrer que, à l’origine, les différences superficielles sont venues de l’environnement spatio-temporel et d’autres facteurs externes comme l’alimentation.

Il est sûr que c’est ce pré-jugé des « peuples primitifs », qui tamise le fond des théories coloniales sur l’infériorité des « Nègres, des Hommes de couleur ». Voilà pourquoi les colonisateurs et les missionnaires venus de l’occident se sentaient en mission de « civilisation ». Au Rwanda par exemple, ceux qui avaient suivi leur école étaient nommés des « évolués ». L’école anthropologique de l’« évolutionnisme » avait enseigné à ces hérauts du monde civilisé qu’il y a possibilité de remplir cette mission qui fait franchir trois étapes : la sauvagerie, la barbarie et la civilisation. L’homme civilisé étant, bien sûr, l’homme blanc. A ce propos, lisez, par exemple le « Traité des dégénérescences » de Georges Morel (Paris, 1935) ou « Le non-civilisé et nous », de R.Allier (Paris, 1928).

II.2 Les races « pures »

Le terme « race » viendrait de l’arabe « ras » qui signifie « tête, commencement »  (W.C.Boyd, Génétique et races humaines, Payot, Paris, p.185). Peu importe l’origine du mot, la réalité est facile à comprendre. Il s’agit d’un « postulat d’après lequel il y a eu des races pures primitives qui sont à l’origine des populations modernes » (op.cit., p.189). De vrais historiens et anthropologues savent que les races humaines primitives sont inexistantes aujourd’hui après des centaines de milliers d’années de migrations dans toutes les directions qui ont provoqué un brassage génétique généralisé dans toute l’humanité.

1/ Le légende biblique

Comme d’aucuns le disent, cette obsession de races pures cherche un appui dans l’histoire biblique de Noé, sauvé du Déluge (Gn6, 5-8), qui aurait détruit toute l’humanité. Les seuls rescapés seraient Noé et ses trois fils Sem, Cham et Japhet (Gn 9,18-19). Les fameuses races primitives pures seraient les premiers descendants de ces trois fils de Noé. De Sem les Jaunes, de Cham les Noirs, de Japhet les Blancs. De plus, Cham fut maudit pour avoir regardé la nudité de son père ivre (Gn, 9,25). Nous lisons à ce sujet : « Lorsque Noé, ayant cuvé son vin, sut ce qu’avait fait son plus jeune fils. Il s’écria : « maudit soit Canaan (=Cham), qu’il soit le dernier des serviteurs de ses frères » (Gn9, 24). De là, réduire les Nègres en esclavage, on a la justification. Remarquez que le nom Noir (= visage brûlé » signifie en grec « Ethiopien » (Aithiops). Cette observation a une importance qu’on verra ultérieurement.

2/ La supériorité technologique de l’Occident

La recherche des races originaires, pures de tout mélange n’avait même pas besoin de cette histoire biblique pour avoir de quoi alimenter le pré-jugé de race supérieure aux autres. Le développement technologique de l’occident qui lui procura une supériorité économique et militaire suffisait. C’est elle qui a permis d’imposer aux autres peuples l’esclavage et la colonisation. L’histoire biblique des fils de Noé ne fut qu’un prétexte ou un coup de pousse.

3/ La théorie typique du pré-jugé de races

L’application typique de ce pré-jugé est celle de la race des « nobles aryens ». Le terme « arya », en sanskrit, signifie justement : « Les nobles ». Parmi les théoriciens de ce racisme, en plus de Gobineau qu’on vient de signaler, il y a eu d’autres. Citons, par exemple, l’anglais Houston Stewart Chamberlain qui a écrit en Allemagne « l’un des livres les plus sots, dit Boyd, qu’on ait jamais consacrés à ce sujet » (op.cit., p.16). Ce livre se nomme : The Foundation of the Nineteenth Century, (J.Lane Co., New York, 1894). Ce sont ces écrits qui ont fourni l’inspiration au « Mein Kampf » d’Aldoph Hitler (Raynal et Hitchcok, New york, 1940) ; laquelle inspiration a engendré la théorie du nazisme allemand. Comment ne penser, à ce propos, au livre du père Léon Délmas :  « Généalogies de la noblesse (les Batutsi) du Rwanda » (Kabgayi, 1950).

Gobineau expliquait sa théorie en ces termes : « Une société n’est grande et brillante que dans la mesure où elle préserve le sang des groupements nobles qui l’ont formée, pourvu que ce groupe lui-même appartienne à la plus illustre branche de notre espèce. Il n’existe pas, parmi les peuples européens, de civilisation véritable dans laquelle la branche aryenne ne soit prééminente » (op.cit., p.16).

De ce qui précède, nous comprenons ce que veut dire : pré-jugé de race. Il a été formé surtout dans le monde européen qui avait atteint un niveau de développement technologique supérieur à celui des autres continents. C’est cette supériorité qui a permis la supériorité économique et militaire. Alors l’explication de cette supériorité a été attribuée à la qualité spécifique de la race blanche dont la composante éminente est le noble famille « aryenne » dont Hitler fut le plus illustre défenseur. C’est à ce titre que des millions de Juifs furent massacrés. Voyons maintenant comme ce pré-jugé a été exporté et appliqué au Rwanda par la colonisation.

III. L’ETHNISME DU RWANDA

Le pré-jugé racial européen a pris, au Rwanda, la forme de l’ethnisme. Tout ce qui vient d’être dit sur ce racisme aryen a été transporté, presque à la lettre, dans la politique coloniale chez nous. Les Tutsi ont été compris comme une race, l’équivalent rwandais de la race blanche. Quelques familles de chefs tutsi étaient l’équivalent des   « Nobles Aryens ». Voilà la part de pré-jugé.

ICYUBAHIRO: « Mbwira Munyarwanda »(Kanda hano urebe amagambo y’indirimbo yose)

1/ Du pré-jugé à l’idéologie

Une certaine littérature témoigne de cette situation. Le livre d’A. Arnoux est exemplaire à ce sujet.

« Manifestement apparentés aux abyssins, les Batutsi vinrent au Rwanda très longtemps après les autres races. Ceux d’entre eux qui descendent de souche non mêlée se reconnaissent à leur figure sémite, à leurs traits fins, réguliers, à leur teint bronzé plutôt que noir, à leur sveltesse mais surtout à leur taille élevée…

Les bovins, voilà bien surtout par quoi les Batutsi exercent leur domination sur les races inférieures, dans le cadre d’un système féodal équivalent exact de celui qui a fleuri au moyen âge. En vue d’en obtenir protection, secours variés, vaches, le muhutu se met à la remorque d’un seigneur puissant, chef ou non, se proclame son homme, son serf » (Les Pères Blanc aux sources du Nil, Paris, 1948, p.24).

2/L’idéologie de l’ethnisme

Lorsque les alliances furent changées, que le Tutsi fut abandonnés par la colonisation pour avoir commis la faute de demander l’indépendance de son pays, ce qui était qualité du Tutsi devint défaut ou plus exactement le revers de la médaille.

Dans son fameux livre (Mission au Rwanda, Bruxelles, 1988), le colonel Guy Logiest nous livre un autre témoignage qui corrobore ce racisme, à l’époque ou le Tutsi était devenu l’ennemi de la colonisation belge.

« Aujourd’hui, après plus de vingt-cinq ans, je m’interroge sur les motifs qui me faisaient agir avec tant de détermination. C’était sans doute la volonté de rendre à un peuple sa dignité. C’est peut-être tout autant le désir d’abaisser la morgue et d’exposer la duplicité d’une aristocratie (tutsi) foncièrement oppressive et injuste » (p.IV).

La vraie raison de ce changement est trahie dans la phrase suivante : « Les Hutu se déclarent les amis de la Belgique et sollicitent son intervention en leur faveur, alors que les Tutsi ne songent manifestement qu’à se débarrasser des Belges » (op.cit., p.III).

Nous y voilà. Nous sommes déjà au stade de l’idéologie. Ce qui était seulement un pré-jugé de race et devenu une stratégie politique. Le Tutsi est devenu mauvais ; le Hutu bon. Mauvais et bon par rapport au colonisateur. L’« aryen rwandais » (=Tutsi) est devenu mauvais parce qu’il ne la demande pas. Du plan psychologique, nous sommes passés au plan sociologique, celui des intérêts entre le nationaliste et le colonialiste.

 

Commentaire: Que s’est-il passé après le départ des colonisateurs? Il faut avoir le courage de regretter que les rwandais eux-mêmes ne se sont jamais libérés (kwibohora) de ces préjugés raciaux et de cette idéologie raciste.  Car, avant le génocide de 1994, le Tutsi était considéré comme un « ennemi » et plus tard après le génocide, le Hutu fut considéré comme un « génocidaire ».

Notez bien: le texte de l’article 2 de la Déclaration de la Déclaration sur la race et les préjugés raciaux, les chansons du Groupe  Icyubahiro et de Teta Diana insérés dans l’article de Bernardin Muzungu ainsi que le commentaire final relèvent du travail de la rédaction.

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Dr Biruka Innocent: Ubutabera, ukuri n’ubwiyunge mu banyarwanda

Mu rwego rwo guteza imbere uburenganzira bw’ikiremwamuntu no guharanira amahoro, umuhanga n’inzobere mu mategeko Dr Biruka Innocent agiye kutugezaho ikiganiro ku butabera, ukuri n’ubwiyunge mu banyarwanda mu bice bibiri.

Bwana Biruka Innocent ufite impamyabushobozi y’ikirenga mu by’amategeko yanditse ibitabo bibiri:

1. La protection de la femme et de l’enfant dans les conflits armés en Afrique. Paris: L’Harmattan coll. Etudes Africaines, 2006, 500 pages

2. Sagesse rwandaise et culture de la paix. Paris: L’Harmattan coll. Etudes Africaines, 2010,  350 pages.

Ikiganiro mugiye kwumva kirasobanura neza imikorere y’ubutabera muri rusange igihe cyose ariko cyane cyane by’umwihariko guhera muri 1994, ari mu nkiko zo mu Rwanda ndetse no mu nkiko zo mu bindi bihugu zaburanishije abanyarwanda, kimwe no mu rukiko mpuzamahanga rwa Arusha muri Tanzaniya rwashyiriweho kuburanisha abakoze ibyaha bya jenoside (crimes de génocide) n’ibyaha byibasiye inyoko-muntu (crimes contre l’humanité).

  • Igice cya mbere
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  • Igice cya kabiri
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Duharanire ubutabera bwuzuye, bunabereye bose, hose kandi igihe cyose !

Mugire amahoro.

Umuyobozi w’Umushinga w’Ubwiyunge Nyakuri

Umushinga wigenga, utabogamiye kuri politiki y’amashyaka.

Rwanda : la fraternité à l’école de Cyprien et Daphrose. Témoignage de Thérèse Nyirabukeye

La transformation de la société passe par la famille.

La transformation de la société passe par la famille et l’apprentissage de la fraternité, explique Thérèse Nyirabukeye, qui témoignage de la réconciliation promue par un couple martyr du génocide rwandais, Cyprien et Daphrose.

Thérèse Nyirabukeye, laïque consacrée, formatrice à la Fédération africaine d’action familiale et auditrice au synode (*) a donné son témoignage lors du point presse quotidien en la salle de presse du Saint-Siège ce mardi 13 octobre.

L’ethnie de Jésus

Elle évoque le génocide des Tutsis qui a ravagé le Rwanda du 7 avril 1994 à juillet 1994, sans le nommer : « Le monde sait que nous avons vécu une épreuve très profonde il y a à peu près vingt ans. »

Elle dit combien la famille est fondamentale pour surmonter une telle épreuve : « Nous comptons sur les familles. Il y a beaucoup d’initiatives à l’intérieur de l’Eglise catholique : les couples et les familles font l’expérience de la réconciliation, donnent un témoignage d’unité et d’amour qui permet de reconstruire la société. Une nouvelle mentalité fraternelle qui doit se créer. »

Elle souligne l’engagement des mouvements Action catholique, des « mouvements dévotionnels », et des « communautés nouvelles » du pays : « On assiste à une transformation de la société où l’on voit plus d’engagement et plus de conscience de la fraternité. Cela a été une épreuve très dure, très difficile, mais elle a conduit à une prise de conscience de ce qu’est la fraternité. »

Puis elle cite l’exemple du couple qui est à l’origine de la Communauté de l’Emmanuel au Rwanda Cyprien Rugamba, Hutu, et sa femme, Daphrose Mukasanga, Tutsi, et tués tous les deux avec six de leurs dix enfants le premier jour du génocide, le 7 avril 1994. Leur cause de béatification a été ouverte par l’évêque de Kigali le 17 septembre dernier (cf. le reportage de KTO).

Thérèse Nyirabukeye témoigne que « ce couple a été un témoin d’unité » : « J’ai cheminé avec eux. Cyprien nous disait que dans la Communauté une seule ethnie, c’était l’ethnie de Jésus. Il voulait que la Communauté soit témoin de l’amour du Christ et ne soit pas marquée par un clivage. » Lire la suite ici.

Anita Bourdin

Rome, 13 octobre 2015 (ZENIT.org)   

* Synode des Evêques consacré à la famille

Source: Cliquer ici

Conférence du Père Jean-Baptiste Duong sur le pardon

Comme certaines personnes qui s’intéressent et font des recherches sur le thème du pardon, le Père Jean-Baptiste peut être considéré aussi comme un spécialiste dans ce domaine. Je vous propose, en guise d’introduction, un extrait de la conférence qu’il a animée probablement en 2004 et qui contribue à promouvoir le pardon et la réconciliation. Son message reste toujours d’actualité !  

1. Pourquoi pardonner ?

  • Pour surmonter la peine quand nous sommes blessés.
  • Pour trouver la paix quand la haine et le désir de vengeance nous habitent.
  • Nous pourrions blesser quelqu’un sans faire exprès. (Annexe : exemples 1 et 2)
  • Nous avons fait aussi des erreurs regrettables ou condamnables, et qui nous marquent pour la vie.
  • Nous pouvons être traumatisés par une blessure d’enfance que nous ignorons et qui nous empêche de faire quelque chose (annexe : exemple 3) ou supporter quelqu’un qui reflète, sans que nous sachions, notre propre faiblesse.

2. Différentes formes du pardon - Pardonner à ceux qui nous demandent le pardon

  • Dans la vie du couple, entre amis
  • En famille

- Pardonner aux méchants qui ne demandent rien parce qu’ils sont « mauvais », ou bien parce qu’ils sont « amoraux » (Annexe : exemple 4)

  • Le méchant n’est-il pas le bouc émissaire de tout ce que nous ne pouvons supporter ? Ou pour exorciser la haine qui nous tenaille ?

- Pardonner à soi-même.

  • La chose la plus difficile.  » Ma faute est toujours devant moi . » (Psaume 50)

3. Ce qu’est le pardon

- Le pardon n’est pas l’excuse. « L’excuse, pour être juste, doit s’appliquer à un mal reconnu comme non volontaire : on ne pardonne pas à quelqu’un qui vous a marché sur les pieds par inadvertance, on l’excuse … Dans le cas de la demande du pardon, on se situe nécessairement dans le champs des actes volontaires reconnus comme tels par leur auteur » (J.M. Gueullette : Fêtes et Saisons p. 18). Dans le pardon, il y a reconnaissance de la responsabilité de l’offenseur, et la volonté libre de l’offensé. 

- Le pardon ne justifie pas l’autre, mais moi-même. Je ne te dis pas que tu n’as pas eu tort, mais je reconnais que j’ai pu aussi avoir tort, que je serai toujours capable de commettre des erreurs et que j’aurai toujours besoin du pardon des autres et du pardon de Dieu me rendra « juste ».  Sachant que le terme biblique de « justice », signifie surtout « être justifié par Dieu ». Le « juste » est celui qui vit en conformité avec un projet de Dieu sur lui. Job est un homme juste. Joseph est un homme juste. 

- Le pardon n’est pas l’oubli. Pourquoi pardonner si on a oublié ce qui s’est passé. La qualité d’un don (un cadeau) est dans l’intention de celui qui offre. La valeur du pardon se mesure à la gravité de la faute. Quand on a oublié la faute, comme si elle n’existait plus, où serait-il donc le pardon ? Quoi pardonner ? 

- Le pardon n’est pas effacement de la faute, mais son dépassement. On ne pardonne pas la faute, on pardonne à la personne. « Je t’aime plus que ta faute, je t’aime au-delà de ta faute . »

- Le pardon demande du temps (un temps de désir : la parabole de l’enfant prodigue, par rapport aux deux autres paraboles : brebis égarée et pièce perdue).

4. Pardon et réconciliation

- Le vrai pardon doit aboutir à la réconciliation. Puisque le pardon n’est pas l’oubli, mais le dépassement de la faute pour retrouver la personne, il s’agit donc d’une rencontre et cela exige la « réconciliation.» (Va te présenter au prêtre… ce sera un témoignage)

- Etre en paix avec soi-même. Cela suppose « un désir » d’être en paix avec les autres « Si votre justice n’est que la justice des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux » (Mat 5,20)

- Le pardon restera comme une « pénitence pénible », alors que la réconciliation est une « béatitude » : « Heureux les artisans de paix » 

Notre réflexion s’oriente vers cette béatitude de libération.

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* Pour lire tout le texte de la conférence du Père Jean-Baptiste, cliquer ici

Suivons le Guide ! 

Pardon, Seigneur, Pardon

Seigneur, j’accueille ton pardon

Seigneur, j’accueille ton pardon

Donne-moi la force de vivre dans l’amour

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Je viens vers toi

Tu me connais

Tu sais de quoi chacun est fait

C’est près de toi

Qu’on devient vrai

Heureux le cœur qui sait aimer

Je viens vers toi

Tu me connais

Je viens te dire mon regret

C’est avec toi

Qu’on peut changer

Heureux le cœur qui fait la paix

Je viens vers toi

Je te connais

Tu es plus grand que mon péché

C’est bien de toi

Que vient la joie

Heureux le cœur réconcilié

Les évêques africains rejettent le néocolonialisme

Les évêques d’Afrique et de Madagascar disent non au néocolonialisme et à l’esclavagisme idéologique. Dans une déclaration conjointe, ils plaident en faveur du développement de l’Afrique, fondé sur un respect authentique.

Adopté en juin dernier à Accra, lors d’une réunion préparatoire au synode ordinaire sur la famille qui s’ouvrira le 4 octobre prochain au Vatican, ce texte signé par 45 prélats africains dont dix cardinaux, vient d’être publié à quelques jours de l’ouverture le 25 septembre à New York d’un sommet des chefs d’Etat devant adopter un plan mondial de développement courant jusqu’en 2030.

Lire la suite.

Source: Cathobel