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Génocide des Tutsi : Hold up décisionnel à l’Assemblée générale de l’ONU!

Publié le 18 Fév 2018 par Jean-Charles Murego

L’ONU a décidé de faire du 07 avril une « Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 », sans qu’aucun consensus ne se dégage entre les pays membres de cette organisation, comme cela est d’habitude. Un de nos analystes politiques nous donne ses observations .

Le 26 janvier 2018, dans sa Soixante-douzième session,  l’Assemblée générale des Nations Unies a décide « de proclamer le 7 avril Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 » et a rappelé, à la même occasion, «  que, durant le génocide des Tutsis en 1994, des Hutus et d’autres personnes s’étant opposées au génocide ont également été tués ». Cela signifie que cette date va désormais être mentionnée sur le calendrier des commémorations Nations Unies. Les observations ci-dessous montrent les manquements de cette décision, ce qui fait qu’elle n’a pas toute sa force erga omes qu’elle est censée avoir.

Sur la forme

Le Président de l’Assemblée générale, Mr Miroslav Lajcak, un peu peut-être embarrassé, a décidé d’adjoindre à cette décision le lancement d’un appel au respect de la Trêve olympique sur lequel il a eu un long exposé. Il n’a pas fait aucun exposé de motif sur cette décision comme il venait de le faire au sujet de la Trêve olympique. Le consensus se définit comme la pratique  destinée à parvenir à l’élaboration d’un texte par voie de négociation et à son adoption sans vote. Or, la décision a été concoctée en toute discrétion par les diplomates rwandais, israéliens et équato-guinéens (ces derniers représentaient le groupe Afrique). Les autres ont été mis devant un fait accompli. C’est ce qu’on peut constater en lisant la réaction du représentant de l’UE: “une réunion aussi importante aurait requis davantage de temps et qu’il aurait été adéquat de débuter les discussions bien avant le 20 novembre 2017”. Il est clair que pour parvenir à cette décision, il n’y pas eu assez de réunions (ni officielles, ni officieuses) entre tous les groupes géographiques.  On dirait un hold up décisionnel à l’Assemblée générale de l’ONU! Piège à l’Assemblée générale qui est considérée comme l’organe dont les décisions devraient être transparentes et équitables. Où est la défense des intérêts de tous les peuples? Malheureusement, il n’existe pas de voie de recours en annulation pour les décisions de l’Assemblé générale. Mais l’annulation de ses propres décisions est possible (il y a eu des cas). C’est question de rapport de force en présence.

Sur le fonds

Sur le fonds, cette décision n’est pas le reflet des vues de la communauté internationale pour des raisons ci-dessous.

Des réserves qui équivaudraient à des opinions dissidentes

La représentante des États-Unis a insisté sur l’importance qu’il y a à commémorer la mémoire des plus de 800 000 personnes qui ont perdu la vie pendant des violences innommables au Rwanda en 1994. En se ralliant au consensus sur ce texte, les États-Unis, a confié la représentante, voient l’occasion de nous rappeler notre humanité commune pour pouvoir prévenir ce type d’atrocités de masse et défendre les droits et la dignité de chaque être humain.  Toutefois, la représentante a estimé que la seule modification du titre et de certains termes du dispositif de la résolution de 2003 ne permettait pas de couvrir toute l’ampleur des atrocités. Elle n’a pas caché ses réserves quant à l’idée de revenir sur des textes précédents, sans pour autant s’opposer au texte adopté aujourd’hui. Le représentant de l’Union européenne a jugé essentiel de se souvenir et de réfléchir, au niveau international, à des tragédies comme le génocide qui a frappé le Rwanda.  L’Union européenne se félicite donc de la décision adoptée ce jour mais elle regrette profondément que le consensus n’ait pas été possible sur le fait que la Journée devrait aussi inviter à réfléchir sur le sort des autres victimes, les non-Tutsis qui s’étaient opposés au génocide. Même si la représentante d’Israël s’est associée au consensus, c’est en Israël même que sont venues des critiques sur cette décision. Avraham Avi Gabbay, Président du Parti travailliste israélien, a condamné Netanyahu pour cette résolution sur le génocide rwandais. Pour Avraham Avi Gabbay, Israël a soutenu une résolution de l’ONU proposée par le Rwanda pour instaurer une journée de commémoration du génocide du pays comme étant spécifiquement dirigée contre le groupe ethnique des Tutsis, soutenant un geste largement considéré comme minimisant la mort de milliers de Hutus pendant le génocide de 1994.

Contradictions et hypocrisie du gouvernement rwandais dirigé par le FPR

Remplacer les mots “génocide au Rwanda” par ceux de “génocide des Tutsi” renforcer l’idée de l’existence des ethnies au Rwanda. On ne peut pas dire que les ethnies n’existent plus,  alors qu’on  s’investit pour les pérenniser à travers des décisions pareilles.

Les soutiens et leurs intérêts : Israël et Quinée Equatoriale

  • Israël

Statut d’observateur à l’Union africaine Dans ses visées expansionnistes, Netanyahu a multiplié des rencontres avec certains dirigeants et hommes influents sur le continent africain pour trouver des soutiens à sa demande d’obtenir le statut d’observateur à l’UA. Le président Paul Kagame, président de l’UA en 2018, est le mieux placé pour Netanyahu. Raison pour laquelle Israël a ouvert son ambassade à Kigali pour pouvoir travailler étroitement avec Kagame sur ce sujet. Trafic de migrants Kagame et Netanyahu ont conclu des accords pour que des migrants africains, essentiellement venant de l’Erythrée, de l’Ethiopie et du Sud Soudan,  qui ne sont pas les bienvenus en Israël, soient renvoyés au Rwanda moyennant le paiement du prix de 5000 dollars par migrant déporté. Même des survivants de la Shoah, des rabbins, des médecins et des pilotes d’avions et d’autres acteurs de la société civile israélienne se sont mobilisés pour tenter de contrecarrer ces projets. Personne n’est dupe, les accords sont là.

L’attentat du 06 avril 1994 contre l’avion du président Juvénal Habyarimana et de son homologue burundais Cyprien Ntaryamira

Ce qui n’est pas dit dans tout cela, c’est que Paul Kagame espère rendre ces services à Netanyahu et en retour, il attend de celui-ci d’user de son influence pour persuader les autorités françaises de permettre le non-lieu sur cette affaire toujours en cours en France.

  • Guinée équatoriale: l’ennemi de mon ennemi est mon ami” !

Deux évènements se sont passés en 2017 montant les autorités équato-guinéennes contre la France. En octobre 2017, Teodorin Obiang Ngwema a été condamné à 3 ans de prison avec suris en France pour “s’être frauduleusement bâti un patrimoine considérable en France” dans un procès appelé “biens mal acquis”. En sa qualité de Vice-président et fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, cette condamnation a été perçue comme une atteinte à la souveraineté de la Guinée Equatoriale. En outre, un putsch a été déjoué en Guinée équatoriale dans la nuit du 27 au 28 décembre 2017. Du coup, le chef de l’Etat Obiang Nguema a accusé la France et le Tchad. Même s’il n’y a pas de tensions officielles entre la France et Guinée Equatoriale, cette situation montre que Kagame a des facilités pour convaincre son homologue équato-guinéen que la France ne respecte pas leurs souverainetés. Ils doivent se rallier et se soutenir pour défendre car leur ennemi devenu commun. En observant toutes ces manœuvres de Paul Kagame, l’on se demande pourquoi il crie victoire et se targue d’avoir développé le pays alors que la société rwandaise se polarise et que la fracture sociale se creuse davantage. Il n’a jamais eu, dans toutes ses interventions et tous ses actes, ni un ton conciliant, ni un discours apaisant, ni un projet de réconciliation nationale. Il ne fait que raviver, dans la population, toute cause de discorde, de tension, voire de haine. La question que tout observateur se pose est le pourquoi un gouvernement s’investit autant pour un projet qui divise profondément le peuple qu’il est censé réconcilier? La dictature néolibérale imposée au peuple rwandais ira jusqu’où?

Jean-Charles Murego 18-02-2018

SOURCE: Génocide des Tutsi : Hold up décisionnel à l’Assemblée générale de l’ONU!

Rwanda: Les « erreurs » de l’ONU dans l’appellation de la journée de réflexion sur le génocide ont-elles été « corrigées »?

[Le 26 janvier 2018] l’Assemblée a (…) adopté sans vote une décision par laquelle elle change le nom du 7 avril qui, de la « Journée internationale de réflexion sur le génocide au Rwanda », devient « Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 ». Cette décision, présentée par le Rwanda, rappelle que, durant le génocide, des Hutus et d’autres personnes s’étant opposés au génocide ont également été tués. 

La représentante rwandaise a expliqué qu’il s’agit de corriger « les erreurs » du titre et du premier paragraphe du dispositif de la résolution 58/234 du 23 février 2004 « sans toutefois en modifier les autres parties ». Il s’agit, a-t-elle précisé, de capturer sans ambiguïté les faits historiques de ce qui s’est passé en 1994 et qui est bien un « génocide contre les Tutsis au Rwanda ». L’exactitude historique et la précision des mots sont « essentielles» lorsqu’on parle du génocide, a martelé la représentante. Les tactiques du déni et du révisionnisme sont bien connues: ceux qui ont été impliqués par leur action ou leur omission aiment avancer la théorie du double génocide dans l’espoir futile de se soustraire à leur responsabilité. Au Rwanda, a poursuivi la représentante, la réflexion et la commémoration du génocide de 1994 est une partie importante de la réconciliation et de l’unité nationale.

Les plus d’un million d’hommes, de femmes et d’enfants, qui sont morts, n’étaient ni victimes de catastrophes naturelles ni combattants. C’étaient des gens ordinaires qui ont été tués, dans des conditions atroces, parce qu’ils appartenaient à un groupe déshumanisé et ciblé pour son extermination totale. Toute personne appartenant à une autre communauté et s’opposant à ce plan d’extermination a été sommairement exécutée. Tous les ans au Rwanda et à chaque commémoration, nous honorons le courage et l’humanité de tous les Rwandais qui ont payé le prix le plus fort parce qu’ils s’opposaient au génocide des Tutsis.

La décision d’aujourd’hui, a insisté la représentante, s’aligne avec le libellé du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) qui a conclu, le 6 juin 2006, à « un fait de notoriété publique qu’entre le 6 avril et le 17 juillet 1994, un génocide a été perpétré au Rwanda contre le groupe ethnique tutsi ». Il est particulièrement regrettable, a-t-elle conclu, que malgré les nombreuses résolutions de cette Assemblée condamnant le déni du génocide, l’on continue à voir ce déni et le révisionnisme se répandre dans le monde. Le représentant du Groupe africain a fait le même constat, avant de rappeler que plus de 20 ans après le génocide, certains de ses auteurs sont toujours en liberté en Europe et en Amérique du Nord, « en première ligne de la propagande négationniste ».

La représentante des États-Unis a émis des réserves quant à l’idée d’amender une résolution antérieure alors que son homologue de l’Union européenne « regrettait profondément » que le consensus n’ait pas été possible sur le fait que la Journée devrait aussi inviter à réfléchir sur le sort des autres victimes, les non-Tutsis qui s’étaient opposés au génocide. Ce génocide sera toujours «une tâche sur la conscience internationale », a tranché la représentante d’Israël.

*A/72/L.31

**A/72/700

ADOPTION DE LA DÉCISION SUR LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE RÉFLEXION SUR LE GÉNOCIDE DES TUTSIS AU RWANDA EN 1994 (A/72/L.31)

La représentante des États-Unis a insisté sur l’importance qu’il y a à commémorer la mémoire des plus de 800 000 personnes qui ont perdu la vie pendant des violences innommables au Rwanda en 1994. En se ralliant au consensus sur ce texte, les États-Unis, a confié la représentante, voient l’occasion de nous rappeler notre humanité commune pour pouvoir prévenir ce type d’atrocités de masse et défendre les droits et la dignité de chaque être humain. Toutefois, la représentante a estimé que la seule modification du titre et de certains termes du dispositif de la résolution de 2003 ne permettait pas de couvrir toute l’ampleur des atrocités. Elle n’a pas caché ses réserves quant à l’idée de revenir [sur] des textes précédents, sans pour autant s’opposer au texte adopté aujourd’hui.

Au nom du Groupe des États d’Afrique, le représentant de la Guinée équatoriale s’est félicité de la décision qui est « le moins que l’on puisse faire » pour honorer la mémoire des enfants, des femmes et des hommes qui ont été brutalement assassinés, il y a 24 ans, et pour se souvenir de toutes les victimes de ce chapitre sombre et tragique de notre histoire. En ce moment de réflexion et de souvenir, a-t-il poursuivi, nous nous tenons aux côtés du peuple rwandais et nous saluons les progrès qu’il a faits pour se remettre de cet évènement innommable et tracer la voie d’un brillant avenir.

Citant le « grand panafricaniste », Nelson Mandela, le représentant a dit: « un peuple courageux n’a pas peur de pardonner pour l’intérêt de la paix ». Le peuple courageux du Rwanda, a commenté le représentant, a fait le choix de s’unir et d’impliquer tout le monde dans le processus de justice et de réconciliation. Il a fait le choix de construire un pays qui appartient à tous et de renforcer le tissu social pour prévenir tout autre crime de masse. Nous ne tiendrons notre promesse d’éviter à d’autres pays de connaître les peines et les souffrances que les Rwandais ont endurées que si nous tirons les leçons de l’expérience du Rwanda, a prévenu le représentant, en rappelant que l’Union africaine a consacré ces leçons dans les valeurs panafricaines de solidarité et d’unité et de son principe essentiel de non-indifférence consacré dans son Acte constitutif.

Pourtant plus de 20 ans après le génocide des Tutsis, nous voyons encore négationnisme, révisionnisme et déni, « huitième et étape finale d’un génocide » selon Gregory Stanton, un ancien du Département d’État américain. Il est donc impératif de rejeter d’une même voix le négationnisme par des lois. Plus de 20 ans après le génocide, certains de ses auteurs sont toujours en liberté en Europe et Amérique du Nord, en première ligne de la propagande négationniste. Ils doivent être traduits en justice, a martelé le représentant, avant d’appuyer l’appel du Président de l’Assemblée à démontrer l’engagement en faveur de la Trêve olympique et à prendre des actions concrètes pour promouvoir et renforcer la culture de paix et d’harmonie.

(…)

Le représentant de l’Union européenne a jugé essentiel de se souvenir et de réfléchir, au niveau international, à des tragédies comme le génocide qui a frappé le Rwanda il y a 23 ans. L’Union européenne se félicite donc de la décision adoptée ce jour mais elle regrette profondément que le consensus n’ait pas été possible sur le fait que la Journée devrait aussi inviter à réfléchir sur le sort des autres victimes, les non-Tutsis qui s’étaient opposés au génocide. L’Union européenne estime qu’une réunion aussi importante aurait requis davantage de temps et qu’il aurait été adéquat de débuter les discussions bien avant le 20 novembre 2017.

La représentante d’Israël s’est associée au consensus et a souligné que la réflexion est une responsabilité collective de la communauté internationale. Les meurtres systématiques qui ont eu lieu au Rwanda seront toujours une tâche sur la conscience internationale, a-t-elle estimé.

 

Source: https://www.un.org/press/fr/2018/ag12000.doc.htm

Présentation de 2 résolutions de l’ONU datées respectivement du 23 février 2004 et du 26 janvier 2018.

1. Nations Unies A/72/L.31  Assemblée générale Distr. limitée 12 décembre 2017 Français Original : anglais

17-22385 (F) 141217 141217 *1722385*    Soixante-douzième session

Point 66 b) de l’ordre du jour

Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique : progrès accomplis dans la mise en œuvre et appui international : les causes des conflits et la promotion d’une paix et d’un développement durables en Afrique

Rwanda : projet de décision

Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994

L’Assemblée générale,

Rappelant sa résolution 58/234 du 23 décembre 2003, et ayant à l’esprit que depuis 2004, l’Organisation des Nations Unies célèbre le 7 avril la Journée internationale de réflexion sur le génocide au Rwanda,

Rappelant également la résolution 955 (1994) du Conseil de sécurité en date du 8 novembre 1994 sur la création du Tribunal criminel international chargé de juger les personnes présumées responsables d’actes de génocide ou d’autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda et les citoyens rwandais présumés responsables de tels actes ou violations commis sur le territoire d’États voisins entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994,

Rappelant en outre que la Chambre d’appel du Tribunal pénal international pour le Rwanda a, le 16 juin 2006, dressé le constat judiciaire1 concluant qu’il était « un fait de notoriété publique » qu’« entre le 6 avril et le 17 juillet 1994, un génocide a été perpétré au Rwanda contre le groupe ethnique tutsi », rappelant que plus d’un million de personnes ont été tuées dans ce génocide, y compris des Hutus et d’autres personnes s’étant opposées au génocide, et prenant note avec préoccupation toute forme de négation de ce génocide,

1 ICTR-98-44-AR73(C).

Rappelant la résolution 2150 (2014) du Conseil de sécurité du 16 avril 2014,

Reconnaissant l’importance de la lutte contre l’impunité pour toutes les violations qui constituent le crime de génocide,

  1. Décide de proclamer le 7 avril Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 ;

  2. Rappelle que, durant le génocide des Tutsis en 1994, des Hutus et d’autres personnes s’étant opposées au génocide ont également été tués.

__________________ A/72/L.31

17-22385 2/2

Source: https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/LTD/N17/439/57/PDF/N1743957.pdf?OpenElement

2. Nations Unies A/RES/58/234      Assemblée générale Distr. générale

23 février 2004       Cinquante-huitième session

Point 39, b, de l’ordre du jour

03 50857

Résolution adoptée par l’Assemblée générale        [sans renvoi à une grande commission (A/58/L.55 et Add.1)]

58/234. Journée internationale de réflexion sur le génocide de 1994 au Rwanda   

A/RES/58/234

L’Assemblée générale,

Guidée par la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme1,

Rappelant sa résolution 260A (III) du 9 décembre 1948 par laquelle elle a adopté la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide ainsi que sa résolution 53/43 du 2 décembre 1998, intitulée «Cinquantième anniversaire de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide », et ses autres résolutions pertinentes relatives à la question du génocide,

Rappelant également les conclusions et les recommandations de l’enquête indépendante demandée par le Secrétaire général, avec l’approbation du Conseil de

sécurité2, sur les actions de l’Organisation des Nations Unies lors du génocide de 1994 au Rwanda3,

Rappelant en outre la résolution 955 (1994) du Conseil de sécurité, en date du 8 novembre 1994, sur la création du Tribunal pénal international chargé de juger les personnes présumées responsables d’actes de génocide ou d’autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda et les citoyens rwandais présumés responsables de tels actes ou violations commis sur le territoire d’États voisins entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994,

Rappelant le rapport contenant les conclusions et les recommandations du Groupe international d’éminentes personnalités chargé par l’ex-Organisation de l’unité africaine d’enquêter sur le génocide au Rwanda et les événements connexes, intitulé « Rwanda – le génocide évitable »,

Constatant avec préoccupation que nombre des auteurs présumés d’actes de génocide n’ont toujours pas été traduits en justice,

Consciente qu’il importe de combattre l’impunité pour toutes les violations qui constituent le crime de génocide,

Convaincue que le fait de dénoncer les auteurs, y compris leurs complices, de faire en sorte qu’ils aient à répondre de leurs actes et de rétablir la dignité des victimes en reconnaissant et en commémorant leurs souffrances permettrait aux sociétés de prévenir des violations futures,

Prenant note de la recommandation formulée par le Conseil exécutif de l’Union africaine à sa deuxième session ordinaire, tenue à N’Djamena du 3 au 6 mars 2003, tendant à ce que l’Organisation des Nations Unies et la communauté internationale proclament, en souvenir du génocide de 1994 au Rwanda, une journée internationale de réflexion et d’engagement renouvelé à lutter contre le génocide partout dans le monde4,

Notant qu’avril 2004 marque le dixième anniversaire du génocide au Rwanda,

1. Décide de proclamer le 7 avril 2004 Journée internationale de réflexion sur le génocide au Rwanda ;

2. Encourage les États Membres, les organismes des Nations Unies et les autres organisations internationales compétentes ainsi que les organisations de la société civile à observer la Journée internationale, notamment en organisant des cérémonies spéciales et des activités à la mémoire des victimes du génocide au Rwanda ;

3. Encourage également les États Membres, les organismes des Nations Unies et les autres organisations internationales compétentes à envisager de promouvoir la mise en œuvre des recommandations figurant dans le rapport de l’enquête indépendante sur les actions des Nations Unies lors du génocide de 1994 au Rwanda3 ;

4. Engage tous les États à agir conformément à la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide afin d’assurer que des événements semblables à ceux qui ont eu lieu au Rwanda en 1994 ne se reproduisent plus.

78e séance plénière

23 décembre 2003

_______________

1 Résolution 217 A (III).

2 Voir S/1999/340.

3 Voir S/1999/1257, annexe.

 

Source: https://undocs.org/fr/A/RES/58/234