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Les incertitudes du pardon

Le pardon est une chose ordinaire et difficile – mais il y a beaucoup de choses quotidiennes dont nous fuyons la difficulté, préférant l’idée de choses si sublimes, si impossibles, qu’il devient facile d’y renoncer. Quotidiennement pourtant, il arrive à peu près à tout le monde de dire « pardon » comme on dit merci ou bonjour ; et chacun sait spontanément si l’autre est « gonflé » ou s’il est sincère. Il serait donc déraisonnable de laisser la question du pardon seulement à des gens bizarres, à des esprits religieux. Ceux d’ailleurs qui idéalisent le pardon ne le pratiquent pas forcément, et d’autres, qui détestent cette notion, ont pu pardonner, ou même demander pardon.

Jusque dans certaines situations pas du tout ordinaires, à la limite de l’horreur, le pardon peut introduire la possibilité de revenir au monde ordinaire, de rétablir la possibilité d’une conversation où justement l’on puisse dire merci et pardon, où ces mots aient encore un sens. Qu’est-ce que rétablir un monde où l’on puisse présenter ses excuses ? Quelle est cette parole qui brise la loi du silence où le malheur continue sans surprise ? Mais quelle est cette parole qui rompt l’inflation de paroles creuses, d’accusations et de menaces d’autant plus grosses qu’elles ne portent plus ? 

Le pardon a donc à voir avec le monde ordinaire. Cependant le pardon est une chose délicate et incertaine. C’est que l’on croit trop que les choses sont soit conditionnées au point d’en être automatiques, soit inconditionnées mais alors quasi-magiques. En fait, quand toutes les conditions du pardon sont réunies, cela ne marche pas encore automatiquement ; cependant lorsqu’elles ne sont pas du tout réunies, cela a peu de chance de marcher. Les incertitudes du pardon se logent dans cet écart. 

Du côté des conditions qu’il faudrait réunir, il faut qu’il soit demandé ou accordé par des personnes appropriées et dans des circonstances appropriées. Par exemple on ne peut pardonner que ce qu’on pourrait punir, ou bien on ne peut pas se pardonner à soi-même, dans la mesure où l’on ne peut pas se voir soi-même vraiment autrement. Ou bien on ne saurait pardonner à celui qui n’a pas reconnu son tort, de même que celui qui pardonne doit être celui qui a subi le tort. Plus généralement le pardon demandé n’est pas forcément un pardon obtenu, et le pardon donné n’est pas forcément un pardon reçu. Cet écart même est essentiel au pardon, si celui-ci n’est pas une réaction conditionnée, mais au contraire cette chose troublante, jamais assurée, qui fait bifurquer la suite attendue des représailles. 

Quand on aurait réuni toutes les conditions « morales » d’un juste pardon, rien n’est encore assuré, car l’autre peut refuser non seulement le pardon que je lui demande mais aussi celui que je lui offre, et discuter chacune des conditions que j’ai pu considérer comme réunies. Si je veux que la parole du pardon demandé trouve le bon zig-zag entre ces conditions, je dois manifester dans ma manière de parler à mon interlocuteur que je sais qu’il peut me le refuser. Je dois notamment manifester un sentiment sincère, avoir tout fait pour réparer l’irréparable, montré que je réalise ce que j’ai fait – et je dois faire en sorte que ce que je dis et ce que je fais désormais reste pardonnable, et que la coexistence sera désormais possible. Mais là encore, rien n’est acquis, rien n’est certain, parce que cela dépend de ce que l’autre fera de ce que je lui dis. 

C’est le tragique du pardon, et son dilemme, que le plus souvent il n’y a besoin de pardon que parce que les interlocuteurs ne s’entendent pas sur le tort en question. Le malheur c’est justement qu’il n’est pas communicable, et qu’il y a une disproportion irrémédiable entre celui qui a subi le tort et celui qui l’a commis. N’est-on pas alors condamné au différend, c’est-à-dire à l’impossibilité de définir ensemble le langage dans lequel le tort sera formulé ? Il y a certainement des cas où il vaut mieux pour tout le monde ne pas demander pardon ni offrir son pardon, même si l’on croit que toutes les conditions sont réunies. Entre autres parce qu’on ne peut pas rouvrir la mémoire quand on veut ni n’importe comment, c’est le thème de l’abus de mémoire, jamais éloigné de celui de l’abus de l’oubli, et le pardon travaille entre ces deux gouffres. Comment rompre avec le ressentiment sans tomber dans l’amnésie, et comment rompre avec l’amnésie sans tomber dans le ressentiment ? 

Mais cette incertitude n’est pas une raison pour croiser les bras, attendre que le pardon tombe du ciel. Au contraire, travailler à réunir les conditions, c’est « se bouger ». Et puis il peut y avoir des pardons sans que les conditions aient toutes été réunies : ce n’est pas très moral, mais il suffit parfois de quelques-unes des conditions pour que la scène soit réussie. C’est justement que le pardon oblige les uns et les autres à un bougé, à un mouvement par lequel on va se soumettre à des règles auxquelles nul ne peut être forcé, ou par lequel on adapte des règles à une situation particulière presque en réinventant la règle. La condition de ce bougé, c’est que personne ne puisse prendre définitivement, de manière immobile en quelque sorte, la place du sujet pardonnant, sans quoi le pardon est bloqué, et ne déplie pas son délicat et imprévisible zigzag.

Olivier ABEL

Professeur de philosophie éthique

Faculté protestante de Paris

2004

Source:Dossier « Le pardon » du Périodique semestriel « Reliures » n° 13 Automne-Hiver, Liège, 2004

Pardon, Seigneur, Pardon

L’ONU et les programmes de justice réparatrice (2)

La justice réparatrice (suite)

1.1 Définition des principaux concepts.

La justice réparatrice est une façon de combattre les comportements criminels en mettant en balance les besoins de la communauté, des victimes et des délinquants. Ce concept évolutif a donné lieu, en fonction des pays, à différentes interprétations, et il ne fait pas toujours l’objet d’un parfait consensus. En outre, du fait de la difficulté à le traduire précisément dans différentes langues, on utilise souvent diverses terminologies.

De nombreux termes sont utilisés pour décrire le concept de justice réparatrice. On parle notamment de “justice communautaire”, d’“amende honorable”, de “justice positive”, de “justice relationnelle”, de “justice réparatrice” et de “justice restaurative” . Aux fins du présent manuel, le terme “programme de justice réparatrice” prend le même sens que dans les Principes fondamentaux, à savoir “tout programme qui fait appel à un processus de réparation et qui vise à aboutir à une entente de réparation”. Cette définition place clairement l’accent sur la mise en œuvre de processus participatifs conçus pour produire un résultat souhaité. Le terme “processus de réparation” désigne “tout processus dans lequel la victime et le délinquant et, lorsqu’il y a lieu, toute autre personne ou tout autre membre de la communauté subissant les conséquences d’une infraction participent ensemble activement à la résolution des problèmes découlant de cette infraction, généralement avec l’aide d’un facilitateur”. La justice réparatrice accorde autant d’importance au processus qu’au résultat. Les individus qui participent à ce processus sont appelés “parties”. En Europe et dans de nombreuses autres parties du monde, on se réfère souvent, pour qualifier ce processus, à la technique que la plupart des modèles ont en commun, à savoir la “médiation”, qui se distingue de la décision judiciaire. Conformément aux Principes fondamentaux, le terme “entente de réparation” désigne un accord résultant d’un processus de réparation. Cet accord peut renvoyer à des programmes tels que la réparation, le dédommagement et le travail d’intérêt général, “qui visent à répondre aux besoins individuels et collectifs des parties, à faire assumer à celles-ci leurs responsabilités individuelles et collectives et à assurer la réinsertion de la victime et du délinquant”. Il peut aussi, dans les affaires où l’on traite d’infractions graves, s’accompagner d’autres mesures.

1.2 Éléments d’un programme de justice réparatrice

Un programme de justice réparatrice se caractérise par les éléments suivants:

• Réponse adaptée aux circonstances de l’infraction, du délinquant et de la victime, ce qui permet d’examiner chaque affaire de manière distincte.

Méthode qui respecte la dignité de chacun et l’égalité de tous, favorise la compréhension et contribue à l’harmonie sociale en facilitant le relèvement des victimes, des délinquants et des communautés.

Souvent, alternative viable au système de justice pénale officiel et à ses effets stigmatisants pour les délinquants.

Méthode utilisable parallèlement aux procédures et aux sanctions pénales traditionnelles.

Méthode qui englobe la résolution du problème et le traitement des causes profondes du conflit.

Méthode qui traite les souffrances et les besoins des victimes.

Méthode qui invite le délinquant à prendre conscience des causes et des effets de son comportement et à assumer sa responsabilité de manière constructive.

Méthode souple et variable qui peut s’adapter aux circonstances, aux traditions, aux principes et à la philosophie du système national de justice pénale.

Méthode utilisable pour traiter différents types d’infraction et de délinquant, y compris des infractions graves.

Méthode particulièrement adaptée aux situations qui impliquent des délinquants juvéniles et où un important objectif est d’inculquer à ces derniers de nouvelles valeurs et compétences.

Méthode qui tient compte du rôle primordial que joue la communauté dans la prévention et la répression de la délinquance et des troubles sociaux.

1.3 Hypothèses de base

Les programmes de justice réparatrice se fondent sur plusieurs hypothèses:

a) la suite donnée à l’infraction doit réparer autant que possible le mal subi par la victime; b) il faut faire comprendre aux délinquants que leur comportement n’est pas acceptable et qu’il a eu des conséquences réelles pour la victime et pour la communauté; c) les délinquants peuvent et doivent assumer la responsabilité de leurs actes; d) les victimes doivent pouvoir exprimer leurs besoins et contribuer à déterminer, pour le délinquant, la meilleure façon de se racheter; et e) la communauté a le devoir de favoriser ce processus.

1.4 Principes et buts

Pour atteindre ses objectifs, un processus de réparation doit comprendre au moins quatre ingrédients: a) une victime identifiable; b) une participation volontaire de la victime; c) un délinquant qui assume la responsabilité de son comportement criminel; et d) une participation non contrainte de ce dernier. La plupart des méthodes de réparation visent à créer, entre les parties concernées, une dynamique interactive spécifique. Le but est de créer un environnement non accusatoire et non intimidant dans lequel les intérêts et les besoins de la victime, du délinquant, de la communauté et de la société puissent être pris en compte. L’objectif des programmes de justice réparatrice et le type de résultat qu’ils entendent produire ont conduit à énoncer plusieurs principes que l’on retrouve à divers degrés dans chacune des formes adoptées. Le processus se caractérise par un traitement respectueux de toutes les parties. Il favorise la participation et, dans diverses mesures, l’autonomisation de toutes les parties concernées. Il fonctionne de manière optimale lorsqu’il reste clair et prévisible tout en s’adaptant aux circonstances particulières de chaque affaire. Il privilégie la recherche de résultats consensuels plutôt qu’imposés et vise à obtenir des parties un engagement sincère à respecter l’accord auquel elles sont parvenues.

Les buts visés sont notamment les suivants:

Les victimes qui acceptent de participer au processus peuvent le faire sans crainte et obtenir satisfaction;

Les délinquants comprennent comment leur acte a nui à la victime et à d’autres personnes, en assument la responsabilité et s’engagent à en réparer les conséquences;

• Les parties conviennent de mesures souples qui consistent en particulier à réparer le mal fait et, à chaque fois que cela est possible, à rechercher les raisons de l’infraction;

Les délinquants respectent l’engagement qu’ils ont pris de réparer le mal fait et tentent d’analyser les facteurs qui ont entraîné leur comportement;

La victime et le délinquant comprennent tous deux la dynamique qui a abouti à l’incident, en retirent un apaisement et se réintègrent à la communauté.

1.5 Objectifs

Plus précisément, les praticiens de la justice réparatrice conviennent généralement que ce qui fait qu’une réponse particulière est véritablement “réparatrice” n’est pas tant une pratique ou une procédure que le respect, par celle-ci, d’un ensemble de grands objectifs qui offrent aux parties une base commune pour traiter l’incident et ses conséquences.

Les objectifs des programmes de justice réparatrice ont été énoncés de diverses manières, mais contiennent essentiellement les éléments suivants:

a) Aider les victimes, leur donner la parole, les inviter à exprimer leurs besoins, leur permettre de participer au processus de résolution et leur prêter assistance. Depuis environ deux décennies, il est demandé aux systèmes de justice pénale de se concentrer plus directement sur les besoins et intérêts des victimes. En 1985, l’Assemblée générale a adopté une Déclaration des principes fondamentaux de justice relatifs aux victimes de la criminalité et aux victimes d’abus de pouvoir, qui énonçait que “les moyens non judiciaires de règlement des différends, y compris la médiation, l’arbitrage et les pratiques de droit coutumier ou les pratiques autochtones de justice, doivent être utilisés, s’il y a lieu, pour faciliter la conciliation et obtenir réparation pour les victimes”. On connaît aujourd’hui bien mieux les besoins (information, participation, expression, empathie, réparation, rétablissement d’un sentiment de contrôle et de sécurité, etc.) des victimes de la délinquance et la façon dont le système de justice pénale peut y répondre. Souvent, cependant, les gens continuent de se plaindre de ce que le système de justice pénale ignore les besoins et les souhaits des victimes. La procédure de réparation, par contre, est souvent idéale pour répondre à nombre des besoins les plus importants des victimes. La procédure classique, en particulier, ne permet pas aux victimes de décrire la nature et les conséquences de l’infraction, et encore moins de poser des questions au délinquant. Le modèle de justice réparatrice peut donner lieu à une procédure où les avis et les intérêts des victimes comptent, celles-ci pouvant participer et être traitées équitablement et avec respect et obtenir réparation. En participant à la prise de décision, les victimes peuvent s’exprimer sur ce qui serait une issue acceptable et se rapprocher d’un apaisement.

b) Retisser les liens endommagés par l’infraction, notamment en obtenant un consensus sur la meilleure façon de procéder. En fait, il est souvent avancé que la réponse ne devrait pas se concentrer sur l’incident, mais sur les liens que celui-ci a compromis ou endommagés. En renforçant la communauté, on peut parfois prévenir d’autres problèmes. L’une des principales caractéristiques de la justice réparatrice est qu’elle combat les comportements criminels bien au-delà du délinquant et de l’infraction. La conciliation, la résolution des différends et le rétablissement des liens sont considérés comme les meilleurs moyens de faire régner la justice, d’aider la victime et le délinquant, et de défendre les intérêts de la communauté. Ils peuvent également aider à déterminer les causes de la délinquance et à élaborer des stratégies de prévention.

c) Dénoncer le comportement criminel comme étant inacceptable et réaffirmer les valeurs de la communauté. La dénonciation de certains comportements est un objectif de la justice réparatrice tout comme elle a été, fondamentalement, l’un de ceux du droit pénal pendant des siècles. La façon, cependant, dont on dénonce ce comportement diffère. Elle s’effectue de manière plus souple en tenant compte non seulement des règles, mais aussi des circonstances particulières de l’infraction, de la victime et du délinquant. Dénonciation positive, elle doit s’inscrire dans un cadre plus large et non être le seul objet de la procédure. Pendant le processus, la forme et les modalités de la dénonciation varieront largement, mais elle en demeurera un élément essentiel. Parfois, bien entendu, des problèmes pourront surgir lorsque les valeurs qu’une communauté réaffirme par le biais de la justice réparatrice ne sont pas conformes à celles consacrées par la loi.

d) Inviter toutes les parties concernées, en particulier les délinquants, à assumer leurs responsabilités. Le processus de réparation a pour objet d’aider les délinquants à assumer la responsabilité de leur comportement et de ses conséquences. On ne se contente pas d’évaluer la culpabilité; on tente de déterminer la responsabilité d’un conflit et de ses conséquences. Ce qu’on encourage, c’est davantage la reconnaissance et l’acceptation actives d’une responsabilité personnelle de l’infraction et de ses conséquences qu’une responsabilité passive imposée par d’autres. Les personnes qui ont joué un rôle direct ou indirect dans l’infraction sont également invitées à assumer leur part de responsabilité dans l’incident. Cela a pour effet d’étendre le processus au-delà de l’incident, de la victime et du délinquant proprement dits. La façon dont cette responsabilité se traduira en actes — excuses ou réparation, en particulier — se déterminera au fil du processus et non par l’application automatique de règles générales de droit. Dans le meilleur des cas, on obtiendra non seulement que le délinquant assume sa responsabilité, mais aussi qu’il se transforme sur les plans cognitif et émotionnel et améliore ses relations avec la communauté et, selon les circonstances, avec la victime et la famille de cette dernière.

e) Définir une entente de réparation tournée vers l’avenir. Plutôt que de placer l’accent sur les règles qui ont été violées et sur la peine qu’il faudrait imposer, la justice réparatrice tend à se concentrer principalement sur les personnes qui ont été lésées. Elle n’écarte pas nécessairement toute forme de peine (amende, incarcération, probation), mais privilégie résolument une entente de réparation tournée vers l’avenir. L’entente recherchée vise à réparer, dans la mesure possible, le mal causé par l’infraction en permettant au délinquant d’apporter une solution constructive. La justice réparatrice se fonde sur des relations et vise des résultats qui satisfassent un grand nombre d’intervenants.

f) Prévenir la récidive en invitant les délinquants à changer et en facilitant leur réinsertion dans la communauté. Bien qu’il se préoccupe surtout du comportement passé des délinquants et de ses conséquences, le processus de réparation se préoccupe aussi de leur comportement futur. L’engagement que prend un délinquant quant à son futur comportement est généralement une composante essentielle des accords conclus par la médiation ou d’autres processus de réparation. Transformer ou “réformer” le délinquant par la réparation est un objectif légitime au même titre que la prévention de la récidive. L’exigence que les délinquants comprennent les conséquences de leurs actes et en assument la responsabilité a clairement pour but de modifier leur comportement futur. Il est entendu que les organismes locaux et publics ont un rôle à jouer dans ce processus.

g) Déterminer les facteurs qui ont conduit à l’infraction et informer les autorités chargées de combattre la délinquance. La réparation est un processus ouvert qui encourage une discussion franche du contexte de l’infraction dans un esprit d’explication plutôt que d’offre d’excuses. Si, par exemple, il apparaît que les délinquants proviennent de régions qui présentent des carences particulières, des mesures peuvent être prises pour remédier à ce problème. 

                                                          Office des Nations Unies contre la drogue et le crime  

                                                         A suivre …

Suivons le Guide!

Source: Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Manuel sur les programmes de justice réparatrice, 2008, 116 pages

Rwanda nziza si umubyeyi gito

Kuva kera, muri politiki y’abanyarwanda twigishijwe gusingiza abategetsi bacu, bitwibagiza gusingiza igihugu cyacu. Mu gihe cy’Ubwami ngo Umwami yitwaga NYAGASANI, nawe kubera iyo mpamvu akica agakiza. Agafatwa nk’IMANA, akaba Ikigirwamana: Imana y’i Rwanda. Abari bashyigikiye Ubwami bati byari bihebuje naho ababurwanyije bati byari biteye kwiheba.

Repubulika imaze kwimikwa, Urwanda rubonye ubwigenge, indirimbo yubahiriza igihugu yatangiraga ivuga iti: « Rwanda rwacu Rwanda gihugu cyambyaye … » Iyo nayiririmbaga hamwe n’abandi banyeshuri, tuzamura ibendera ry’igihugu, ubwo nigaga mu mashuri abanza, numvaga mfite ishema ryo kuba umunyarwanda. Nkarushaho kumva nkunze Urwanda (patriotisme) ariko nibukaga ko hari abandi bana b’Urwanda batashoboraga kuyiririmba kubera ko bari hanze y’igihugu. Nyuma y’imyaka 40,  iyo ndirimbo yubahiriza igihugu rero yaje gusimburwa n’indi igira iti: « Rwanda nziza gihugu cyacu,… Abanyarwanda uko watubyaye. Berwa, sugira, singizwa iteka… Horana Imana, murage mwiza… Umuco dusangiye uraturanga, ururimi rwacu rukaduhuza …»  

Izo ndirimbo zombi zivuga ko Urwanda ari igihugu cyacu kandi cyatubyayeABANYARWANDA TWESE. Ibyo bikaba bivuze ko turi ABAVANDIMWE. Iya kabiri yo igashyiraho akarusho kuko itura Urwanda Imana. Nyamara muri izo ndirimbo zose nta n’imwe yigeze iririmbwa n’abo bavandimwe bose bari kumwe, kubera ko hari ababaga bari hanze y’igihugu mu buhungiro nkuko nabivuze, na n’ubu (mu gihe nandika iyi nyandiko) bikaba ari uko. Ntabwo ari ukubera ko Urwanda rutabashaka (ga),  ahubwo ni ukubera impamvu za politiki mbi ya bamwe muri abo bana barwo, igamije kubateranya no kubatanya . Ntimuzarubeshyere!

Umusaza Bihibindi twagiranye ikiganiro kuri politiki, ni uko arambaza ati ariko mwana wa, ati: « mwe mwageze mu mashuli, Ubwami na Repubulika bitandukanira he? » Nti: « kubera iki mubyeyi wanjye? » Ati: « dore icyo mpfa n’abantu bize ni uko bakubaza ikibazo bataragusubiza icyo ubabajije. » Nuko ndamusobanurira, ndagije nti: « Ubwami butegekwa n’Umwami, Repubulika igategekwa na Perezida. » Ati: « bose si ababyeyi b’igihugu se? » Nanjye ndamubaza nti: « ko ubushize wambwiye ko abanyepolitiki bo mu mashyaka bapfa ubutegetsi, twe tutari mu mashyaka dupfa iki? » Ati: « ubusa.» Nti ugize ngo iki? Nti: « ko hari abavuga ko ari amoko se? » Ati: « abana mwize mwumva nabi! » Ati mvuze ko: « mupfa ubusa ». Nti: « dupfana iki rero? » Ati « mwese muri abantu kandi mwese muri bene Kanyarwanda.»

Nkuko mubyiyumviye rero, uwo musaza ntabona aho ubwami na Repubulika bitandukaniye, kubera ko kuri izo ngoma z’ubutegetsi zose Umukuru w’igihugu bamwise umubyeyi w’abanyarwanda bose. Ariko arangiza avuga ko abanyarwanda twese turi bene Kanyarwanda. Ubwami bwavuyeho ntaravuka sinzi uko baririmbaga Umwami, ariko ngo baramusingizaga ndetse bakamuramya. Indirimbo nibuka ni iyo abaparmehutu baririmbye bavuga ko ngo umwe mubo abanyarwanda bise NYAGASANI yashatse kurimbura Urwanda. Ukibaza ukuntu « umubyeyi » w’abana yagira ubugome bugera aho ashaka kubarimbura bose bikakuyobera. Abo barwanashyaka bagiraga bati: « Karahabaye bahungu mwe, karahabaye ni ukuri iyo tutaza kuhaba rwari rurimbutse. Kigeri yari yarahize yuko azarurimbura, iyo tutaza kuhaba rwari rurimbutse... » Muri iyo Repubulika ya mbere yavanyeho Ubwami, umukuru w’igihugu baramuririmbye ndetse bamwe bemeza ko ari Imana yamutumye maze iramubwira ngo: « …genda unshingire pariti (ishyaka Parimehutu), inkurire abana bave mu buja. » Ni uko nawe aba yiswe UMUKIZA…

Muri Repubulika ya kabiri nabwo byagenze uko, abari mu gihugu baririmbye umukuru wayo barahanika, mu byitwaga animasiyo (animation) y’ishyaka rimwe rukumbi ryitwaga Muvoma. Iyo animasiyo yakorwaga rimwe mu cyumweru. Bakamuvuga ibigwi bigatinda! Bamwe mu baririmbyi bagakora mu nganzo maze si ukumutaka bakivayo, imirya w’inanga za gakondo n’iza kijyambere bakayikaraga hafi kuyituritsa! Abategetsi nabo umudiho bakawuceka reka sinakubwira, bakamubyinira ivumbi rigatumuka! Wakwibeshya ntujye gutumura no kurya iryo vumbi cyangwa gukoma amashyi kugirango uwo mudiho uryohe, ukitwa inyangarwanda bugacya bakwirukanye ku kazi ndetse bakagutwara intambike uziritse amapingu maze bakaguta muri gereza. Bakakubikira imbehe ariko kugirango bazayubure ukabanza kwigura… Uzize nde? Ntabwo ari wa wundi bitaga « umubyeyi w’abanyarwanda », ahubwo ni inkundarubyino, kugirango zirebwe neza. Ukaba uzize iki? Ubusa. Ubusa gusa! Nka bwa busa dupfa buri gihe. Ngo wanze kuba inkundarubyino n’inkomamashyi. Akaga kagwirira abagabo koko!

Aho gusingiza igihugu nkuko indirimbo icyubahiriza ibivuga, abanyarwanda bagasingiza umukuru wacyo. Ni uko bakitiranya igihugu n’umuyobozi wacyo. Uretse mu Rwanda, hari ahandi mwigeze mwumva bavuga ko umuyobozi w’igihugu ari Nyagasani cyangwa umubyeyi w’abenegihugu, ko no mu masomo ya demokarasi twahawe n’abanyamahanga iyo nyigisho itarimo? Biriya bintu byarakunguraga koko.

Umuntu akaba yakwibaza ibibazo bikurikira:

  • Abitaga umukuru w’igihugu ko ari umubyeyi wabo kandi ari bo banze Umwami kuko bari baramureze ko yigiraga Nyagasani, bo babaga bayobewe ibyo indirimbo yubahiriza igihugu ivuga? Ko nta muntu wibyara kandi nawe akaba ari umuntu, bumvaga ko umubyeyi we yari nde? Kereka uwo mukuru w’igihugu abaye ari IMANA koko, nawe akaba ahindutse Nyagasani rero! Kandi ni byo Repubulika yareze Ubwami.

  • Abarwanyije ubwo butegetsi bwose uko bwakurikiranye ko bakunze kuvuga ko akarengane katerwaga n’Umukuru w’igihugu kuko yategekaga byose, bavuga ko Rubanda n’abategetsi bafataga uwo muntu nk’Ikigirwamana bo nta makosa babaga bafite? Yari kubuzwa n’iki se gukora ibyo ashaka mu gihe abandi bategetsi bafatanyije ndetse n’abaturage bo mu gihugu bari babimushyigikiyemo?

Reka tureke kuvuga ko kwita umukuru w’igihugu umubyeyi ari ukumubehya kuko ntawe ureba mu mitima y’abantu, ariko twemere ko atari ukumubwiza ukuri.

Kuki se batamubwizaga ukuri? Bamwe bagira bati impamvu ni ugushakira imibereho mu guhakirizwa. Mu gihe cy’Ubwami ibyo byapfa kwumvikana kuko hari hakiriho ubuhake. Muri Repubulika se ko ingoyi ya gihake twayiciye, yaba yaragarutse ite? Abandi bati ni ukubera ubwoba kuko abaturage babaga bishakira amaramuko. Biramutse ari ibyo koko, uwo mutegetsi yari akwiye kubamara ubwoba, maze bakamubwiza ukuri, nawe akabashimira. Ku rundi ruhande nanone, yagombaga gushimira abatamwita umubyeyi bo bamubwizaga ukuri kuko bamwerekaga amakosa akora, kugirango ayikosore; ahubwo akabagaya kuba batarabikoze mbere hose agitangira kuyakora. Umuntu ukubwiza ukuri, ndavuga ukuri kudasesereza, kudasebanya, kudatukana kandi kutica umutumirano, kutarimo inzika n’urwango, kutari ukwa politiki ya « vaho ngeho », aba agukunda kuko akugira inama nziza. Hari ababifata nabi, ariko si byo. Abantu babwiza ukuri abategetsi babereka amakosa bakora, ni uko baba babakunda kandi bakunda igihugu, babifuriza gutegeka neza. Ibi ni byo abashinzwe kurengera uburenganzira bw’ikiremwamuntu bakora. Umuntu ukuririmba, akakubyinira ndetse akagukomera amashyi kugirango akwereke ko agushyigikiye nyuma akaguca inyuma akajya kuvuga amakosa yawe ayabwira abandi kandi ashobora kuyakwibwirira imbone nkubone, uwonguwo ashobora no kukubeshyera, akaba yaguhemukira.

Hagati ya 1990-1994 bamwe bitaga umukuru w’igihugu ko ari umubyeyi wabo bakamukomera amashyi ndetse bakamubyinira baje kumuhindukirana, bamugaragariza ko batamubwizaga ukuri. Ab’inkwakuzi bashinga amashyaka arwanya irye (rimwe bahozemo), abandi barayayoboka maze bajya mu mihanda bati: vaho ntitugushaka. Ibyahoze ari indirimbo n’imbyino z’ibisingizo bihindukamo indirimbo n’imbyino z’ibisebyo. Kugera aho bamubwiye ku mugaragaro ngo nava ku butegetsi impundu zizavuga. Ashobora kuba yaribajije impamvu batamubwije ukuri mbere hose! Ariko se twavuga ko we yari abiyobewe. Ibyabaye icyo gihe ntawakekaga ko byashoboraga kuzaba. Iby’Isi ni amabanga koko!

Ngo ingoma zigira isano.

Repubulika ya kabiri ikimara kuvaho, Bihibindi nongeye kumubaza nti: ko hari abavuga ko ingoma zisa ntacyo zipfana, ni byo? Ati: abo barabeshya. Ati: kuva ku Bwami kugeza kuri Repubulika, mu Rwanda wigeze se wumva umutegetsi washatse kurekura ingoma? Nti: oya. Ati: none se ubwo urumva izo ngoma zidafitanye isano yuko ubutegetsi bwose bukundwa? Koko rero, igihe cy’Ubwami, abami bavagaho ari uko batanze (bitabye Imana). Muri Repubulika naho, abakuru b’igihugu bagiye bakurwa ku butegetsi ku ngufu n’ababarwanyije, kuko batashakaga kubusangira nabo, hakamena amaraso y’abanyarwanda.

Abashyigikiraga umukuru w’igihugu bamwitaga umubyeyi mwiza udasimburwa kandi atazahoraho iteka ryose, naho abatamushyigikiye bakamwita umubyeyi gito, kuko yikubiraga ubutegetsi. Nyamara bamwe muri abo bamurwanyije nabo mbere baramwitaga umubyeyi. Mu gihe akiriho bose bakamuha ingufu kurusha umwanya w’ubutegetsi arimo n’izindi nzego z’ubutegetsi, bakamuramya, nyuma bakazamwitakanwa bavuga ko ari we wihaye izo ngufu kandi ari bo bazimuhaye. Bitabaye ari ibyo, mwasobanura gute ko umuntu umwe, ufite umutwe umwe, igihimba kimwe, amaboko abiri n’amaguru abiri nk’abandi bantu, ashobora kugira ingufu zirushije uburemere iz’inzego z’ubutegetsi? Ni uko bakamwita « umunyagitugu » kandi ari bo babimugize, ariko ntibemere ayo makosa yabo. Ngo kuko bashwanye nawe bagashyira ahagaragara amakosa ye, bakwumva ko babaye abere! Intungane da! Rubanda narwo rugakurikira, rukagwa mu mutego. N’abemeye ibyaha bakoze ntibagire ubutwari bwo kwishyikiriza inkiko ngo bazisobanurire uko bubatse icyo gitugu. Abanyarwanda twagorwa ye! Bagashyigikira cyangwa bakarwanya umuntu ku giti cye aho gushyigikira cyangwa kurwanya imikorere myiza cyangwa mibi y’izo nzego z’ubutegetsi (instititutions politiques). Ni uko nawe akigira igihangange nkaho ari we wishyize ku butegetsi cyangwa wihaye izo ngufu, agatigisa abazimuhaye ukagirango azazihorana, ntazirikane ko abongabo asuzugura ari nabo bazazimwambura igihe nikigera, akibagirwa ko ibihe biha ibindi… Akaba nka wa murundi wigeze kuvuga ngo « nishyizeko nzikurako » (niba baratamubeshyeye). Wa mutegetsi mukuru yamara kuvaho za ndirimbo zamusingizaga zikibagirana burundu, na ba bahanzi bakaburiramo. Ni uko byatugendekeye abanyarwanda. Rimwe na rimwe abantu turakanura kuko tubona hafi yacu ariko ntiturebe kure ! Ntidushishoza buri gihe. Abanyarwanda bo wagirango biri muri kamere yacu.

Reka ntange urugero rumwe. Repubulika ya mbere yagiyeho nyuma y’imyivumbagatanyo (révolution) ya 1959 n’imvururu zakurikiyeho kandi zahitanye abanyarwanda benshi. Ariko izo nzirakarengane ntizigeze zibukwa mbere y’ubutegetsi bwagiyeho nyuma ya jenoside ya 1994. Mu mihango yo kwibuka abahitanywe n’iryo itsembabwoko ry’abatutsi niho bamwe baboneyeho kwibuka ababo bishwe mu myaka ya 1959, 1963, 1973. Ubutegetsi bwa Repubulika ya kabili bwari ubutegetsi bwa gisirikare bwagiyeho ku ngufu muri 1973 mu buryo bunyuranyije n’amategeko, abanyarwanda bamwe baricwa, barimo abanyepoliti b’abasivili. Abo banyarwanda nabo ntibigeze baririrwa cyangwa ngo bibukwe ku mugaragaro. Tariki ya 16 Kanama 2014 ni bwo habayeho mu Bubiligi umuhango wa  mbere wo kwibuka abanyepolitiki bazize ubwo bwicanyi, uwo muhango ukaba warateguwe n’imiryango yabo. Abanyarwanda bamwe baba hanze y’igihugu ntibabifashe neza kuko bavuze ngo ibyo ni ugucamo ibice abatavuga rumwe n’ubutegetsi bw’i Kigali; nyamara kandi nabo barega abari ku butegetsi mu Rwanda ko batareka abahutu biciwe kwibuka ababo. Ibi nabyo ni amayobera. Kuki abo banyarwanda bari muri izo impande za politiki batemera ko izo nzirakarengane nazo zibukwa? Hari abavuga ko abadashaka ko bamwe mu bazize ubwicanyi bibukwa ari uko baba baragize uruhare muli ubwo bwicanyi cyangya ko bari babushyigikiye.  Ibi bikwiye gusesengurwa ariko harimo n’impamvu za politiki birumvikana. Gusa ibyo biragaragaza ko abanyarwanda bamwe bashaka ko akababaro kabo kumvikana nyamara ntibashake kwumva akababaro k’abandi (manque de compassion et de reconnaissance de la souffrance des autres victimes). Ndetse hariho n’abumva ko ngo bababaye kurusha abandi ariko ntiberekane umunzani babipimiraho, bakabivuga ku mugaragaro mu buryo bw’itebwoba bashaka impamvu yo kwishyira hejuru y’abandi banyarwanda no kuvuga ko babarusha uburenganzira bw’ikiremwamuntu nkaho abandi bo atari abantu. Ibyo byose bibangamira ubwiyunge nyakuri.

Nta tegeko-nshinga ryemera imvururu cyangwa kuvanaho ubutegetsi hakoreshejwe ingufu (coup d’Etat) n’intambara. Ibyo birazwi. Ariko abanyarwanda ntibabitindagaho cyane kuko ubwo butegetsi barabwemeye – nako barabwemejwe – maze barangaza amaso ku mukuru w’igihugu ku giti cye gusa aho kureba niba imiyoborere y’ubwo butegetsi iberanye na demokarasi. Bakwumva ko ibyo ari ibintu bisanzwe, kandi atari ko byagombye. Ndetse navuga ko hari abari baradamaraye. Ishyaka rimwe ryari ryemewe mu gihugu (Parimehutu) ryasimbuwe n’irindi rimwe rukumbi (Muvoma) kugeza muri 1991! Ndetse n’abarwanyije uwo mukuru w’igihugu mu ruhando rw’amashyaka menshi (1991-1994), ntibigeze bashaka kuvanaho iyo mpamvu yatumaga agira ingufu kurusha inzego z’ubutegetsi ubwazo, ahubwo bavugaga ko navaho – byonyine gusa – ibibazo byose bizahita bicyemuka. Ni ko byagenze se? Kandi ntiyavuye ku butegetsi gusa ahubwo ntakiri no kuri iyi Si y’Imana n’abantu. Ahubwo ubu hariho bamwe muri abo bamurwanyije bicuza ibyo bakoze ndetse basigaye bamwifuza batakimubonye, nkaho iyo aza kuba akiriho agasubira ku butegetsi bya bibazo byose yahita abibonera umuti. None se yari gucyemura ibyo bibazo gute niba ari we wabitezaga wenyine? Kuki atakwongera agakora nk’ibyo bamuregaga? Ibi ni byo bikwiye kwereka abo bamurwanyije ko uburyo bakoresheje kandi bakoresha ubu barwanya ubutegetsi, atari bwo bukwiye, bityo bakabona bagahindura imikorere yabo ya politiki. 

Umwanya w’ubutegetsi ni urwego rw’igihugu rutadukanye n’umuntu ushyirwa muri uwo mwanya. Abantu benshi barabyitiranya bagafata umuntu ku giti cye nk’urwego rw’igihugu kandi atari byo. Intebe y’ubutegetsi ihoraho, aribo abategetsi ntibayihoraho, barasimburana.

Uretse abanyepolitiki bavanyeho Ubwami bo banze ingoyi ya gihake batarwanya umwami gusa, abarwanyije Repubulika ya mbere n’iya kabili, bose bavugaga ko abakuru b’igihugu bariho ari bo bateraga ibibazo byose. Nyamara n’aho baviriyemo, nubwo ibibazo bimwe byacyemutse, havutse ibindi bimwe bisa n’ibya mbere. Byumvikana rero ko tudashakira ibibazo n’ibisubizo aho biri hose.

Muri Repubulika ya gatatu se byifashe bite? Ese iyo mikorere ya Rubanda n’abanyepolitiki bacu, ari abari ku butegetsi n’ababurwanya, yaba yarahindutse? Amasomo twasigiwe n’ibyatubayeho ni ayahe? Ndabaretse namwe ngo mwisubirize ibyo bibazo mugereranyije n’ibyabaye maze gusobanura, maze mushishoze murebe igikwiye gukorwa. Mutanavuga ko nshyigikiye cyangwa ko ndwanya ubutegetsi buriho cyangwa ababurwanya… Kandi nyamara mbwira bose. Dore ko bamwe mu banyepolitiki bo mu mashyaka bavuga ngo iyo utabashyigikiye uba ubarwanya cyangwa ushyigikiye abo barwanya. Nkaho nta bundi buryo bwabaho bwo kwubaka demokarasi utabogamiye ku ruhande uru n’uru rwa politiki y’amashyaka. Ubwo buryo bushya ni bwo uyu mushinga wiyemeje gukoresha: gukangurira abantu kureba uruhare rwabo mu bibazo bafitanye, impande zose, batarebye urw’abandi gusa, kugirango bashobore kubyicyemurira. Kurwana ishyaka rya demokarasi si ukuba mw’ishyaka rya politiki gusa!

Sinarangiza ariko ntavuze ko bitangaje kwumva abanyepolitiki bamwe bo muli opposition bemeza ko barwanya ubutegetsi bavuga ku mugaragaro ko bashaka kubuvanaho banyuze mu nzira ababuriho nabo banyuzemo. Bibaye ari byo se baba babarwanyiriza iki niba bashaka gukora nk’ibyo nabo bakoze kandi babona ko inzira banyuzemo ari nziza? Kuki batakorana nabo se ahubwo ngo basangire ubwo butegetsi? Ibyo ni bimwe bituma abanyepolitiki nkabo batagirirwa icyizere kuko umuntu adasobanukirwa icyo bagamije. Politiki y’abanyarwanda nayo ni amayobera…

Umwanzuro

Kuva Urwanda rwabaho ko twagize abakuru b’igihugu benshi, ubwo abanyarwanda twaba tumaze kugira ababyeyi bangahe baramutse biswe gutyo? Kandi tuzagira n’abandi benshi. Abo bose se bakwitwa ababyeyi bacu kandi umuntu wese avuka ku babyeyi babiri gusa? Niyo abaye impfubyi akabona usimbura ababyeyi be, ntabwo byitwa ko ari we wamubyaye. No muli politiki ni kimwe. Nubwo umunyarwanda yabona ubundi bwenegihugu, ntibivuze ko icyo gihugu cyamureze kiba cyaramubyaye. Tuvugishe ukuri, kwita umukuru w’igihugu umubyeyi wacyo ntibiberanye na demokarasi, yaba iyo twigishijwe n’abanyamahanga, yaba n’iyacu dushaka y’abanyarwanda.

Abanyarwanda BABAYEHO, ABARIHO N’ABAZAHO, dufite ababyeyi babiri bazahoraho iteka. Muri demokarasi, umukuru w’igihugu atorwa n’abaturage, ni bo bamuhitamo hakurikijwe amategeko uko abigena. Kimwe n’uko nta muntu uhitamo umubyeyi uzamubyara, nta n’uhitamo igihugu azavukamo. Ntibibaho.

Abategetsi barasimburana, ntibahoraho nk’Imana cyangwa igihugu. Urwanda ni rwo mubyeyi w’abanyarwanda kuko ari rwo rwatubyaye. Ku bemera Imana, nayo ni umubyeyi w’abanyarwanda kimwe n’abandi bantu bose batuye Isi, bityo abantu twese tukaba abana b’Imana, baremwe mw’ishusho ryayo. Dusangiye ubumuntu. Ibyo abanyarwanda tubirengaho kandi tubizi neza.

Igikwiye gukorwa rero ni ukuvanaho impamvu zishobora gutuma Rubanda na bamwe mu bategetsi batabwiza ukuri abayobozi bakuru b’igihugu. Kwubaha abategetsi ni ngombwa, kuko baba bahagarariye inzego z’igihugu. Utubashye umukuru w’igihugu, ntiwaba wubashye n’igihugu cyawe aba ahagarariye. Ariko hari uburyo n’imvugo zabigenewe nko kumwakira neza no kumwita Nyakubahwa, agahabwa icyubahiro kimukwiye. Ibyo ariko bisaba ko abategetsi nabo bubaha abenegihugu kuko ari bo babashyira ku ntebe y’ubutegetsi, kandi nabo bakiyubaha. Bityo bose bakagomba kwubahana. Bitaba ibyo, icyizere kigatakara.

Urwanda ntabwo ari igihugu gito, twese tugomba kuzarubanamo kandi tuzarukwirwamo kuko ari urwacu twese. Byanze bikunze. Urwanda si umubyeyi gito kuko ntacyo rwigeze rutwima, ahubwo ni uko tunanirwa gusangira ibyiza rufite. Nitureke uwo mwiryane maze tubane neza.

Genda Rwanda uri nziza!

Indirimbo nk’iyi itaka Urwanda ntiyakwibagirana!

Umuyobozi w’Umushinga w’Ubwiyunge Nyakuri

Umushinga wigenga utabogamiye kuri politiki y’amashyaka

 

Le pardon : un point de départ

« Devant les chaînes d’un passé irrévocable, l’homme a la possibilité, non de défaire ce qui a eu lieu, mais de délier ce qui a été noué, c’est-à-dire d’offrir la possibilité d’être délivré des conséquences de ce qui a été fait, grâce à la faculté de pardonner. » Jacques Ricot (citant Hannah Arendt)

Il y a un peu plus de neuf ans (*), ma vie a subi une transformation radicale en une fraction de seconde. Sur le moment, l’accident (chute en vélo causée par une voiture) parut assez banal : un peu secouée, quelques coups bleus, la seule idée de se relever et de poursuivre la route. Mais les séquelles ne tardèrent pas à se manifester. En plus des tremblotements, des fonctions toutes élémentaires étaient devenues de véritables problèmes : les capacités visuelles, la parole, l’écriture, les déplacements… C’est toute une série de choses qu’il m’était désormais impossible de réaliser de façon autonome. Les automatismes nécessaires pour la vie au quotidien étaient littéralement… restés sur la route. Cet événement constitua une profonde rupture dans ma vie. Au début, vous ne réalisez pas très bien ce qui se passe. Pour moi, les premiers temps se déroulèrent un peu comme si je me trouvais dans un tableau de Magritte : là où l’on attend la lumière, c’est l’ombre, et à la place de l’ombre, la lumière ! Ma vie s’ébranlait sur ses fondations.

Or la battante qui était en moi décida de prendre la vie à bras le corps pour la réussir le mieux possible. Ce qui m’était arrivé ne pouvait absolument pas constituer un point final, ce devait être au contraire un nouveau commencement. J’avais l’obligation de montrer tout autour de moi que j’aimais la vie et que je m’investirais corps et âme afin de rendre à mon existence forme et contenu. Ma vie et celle de mes proches s’étaient transformées du tout au tout à cause d’une personne inattentive. Mais la machine médicale et le processus de restauration étaient désormais lancés. Et jusqu’à aujourd’hui, pas la moindre trêve dans mon combat de tous les jours pour une meilleure qualité de vie dans les limites de mes possibilités.

L’accident a laissé de profondes cicatrices psychologiques : la colère, la tristesse et l’impuissance, autant de sentiments qui bouillonnent dans la tête. Lorsque vous en êtes conscient, c’est alors précisément le moment de se mettre à la tâche. Les conséquences physiques de l’accident étaient bien là, irréversibles : l’aspect matériel des choses. Mais il en va aussi de ce « bouillon » dans ma tête : je dois apprendre à en distinguer les ingrédients. En fin de compte, il faut que j’arrive à poursuivre ma route le plus agréablement possible. La colère et l’incompréhension que j’éprouve à l’égard du responsable de l’accident ne peuvent avoir raison de ma vie ni de mon entourage. Les infirmités encourues ne sont que des aspects de ma personne et doivent donc demeurer des aspects – aussi importants et radicaux soient-ils. La souffrance intérieure résulte d’un énorme manque, d’un déficit, d’une perte sèche. Or il importe de reconnaître cette souffrance, lui donner une place dans mon existence, explorer à nouveau mon propre moi, accepter la confrontation avec moi-même pour clarifier et améliorer les choses.

J’ai décidé de ne pas me laisser empoisonner la vie par le désir de vengeance. La vie est trop courte, elle passe tellement vite. Me voilà donc condamnée à chercher une autre solution. Et ma réponse, c’est pardonner ! Pardonner, oui mais comment, pourquoi ? Quelle sorte de pardon ? Je crois que pardonner est un processus, ce n’est pas un interrupteur que l’on enclenche ponctuellement. Le pardon n’est possible que lorsque l’on a pris conscience que cela permettra de vivre à nouveau en harmonie avec soi-même. Avec le temps, j’ai appris à prendre de la distance, à considérer de l’extérieur ce qui m’était arrivé, j’ai essayé de comprendre aussi ce qui était arrivé à la personne responsable de l’accident. Progressivement, je suis parvenue à donner une certaine forme au pardon. Un pardon – je le précise – indispensable à ma propre survie, pour m’alléger la vie. Car dans le pardon, deux parties sont concernées : la personne à qui quelque chose est pardonné mais aussi la personne qui pardonne !

Oui, le pardon est une action à l’égard de soi tout autant qu’à l’égard de l’autre. Pardonner à l’autre, c’est pardonner ce qui a été causé par lui, sans cesser de considérer que c’est lui qui est responsable des dommages. C’est en quelque sorte un pardon conditionnel qui renonce à la vengeance et allège donc la situation de l’autre. Mais pardonner, c’est aussi et surtout accepter ma propre situation, accepter l’inéluctable, l’irréparable, l’irréversible. En ce sens, le pardon allège aussi ma propre existence. Et avec ce pardon-là se déploie un espace pour le deuil. Le deuil de ce qui n’existe plus. Contrainte d’orienter le regard vers l’avant. Une dynamique de survie, voilà ce qu’est le pardon. C’est pourquoi lorsque vous aimez la vie, le pardon est indispensable. En somme, si le pardon est un geste en direction de l’autre, il l’est tout autant envers soi-même. On pourrait parler d’une réconciliation avec soi-même – avec ma nouvelle vie. D’où la sérénité qui seule permet que s’ouvre un espace propice à mener une vie transformée, aussi harmonieuse que possible.

Anne-Marie VERBOOM-van WESTEN,

membre de l’Eglise Wallonne de Middelbourg (1)

 * Témoignage raconté en 2004

 1. Dès le 16ème siècle, en un temps d’intolérance religieuse, les protestants, obligés de fuir les régions catholiques des 10 provinces du Sud des Pays-Bas (l’actuelle Belgique) et du Nord de la France, furent accueillis dans les provinces du Nord (les Pays-Bas actuels). Ils y fondèrent des communautés protestantes de langue française (dont la plus ancienne, celle de Middelbourg, date de 1574). Un siècle plus tard, suite à la Révocation de l’Edit de Nantes (1685), une nouvelle vague de réfugiés parvint de France, faisant monter le nombre des Eglises de langue française à environ 80. Wallons et huguenots sont ainsi à l’origine des Eglises Wallonnes des Pays-Bas dont il demeure à ce jour 14 communautés qui continuent à célébrer le culte en langue française. Ces paroisses sont membres de la Protestantse Kerk in Nederland.

 Source:Dossier « Le pardon » du Périodique semestriel « Reliures » n° 13 Automne-Hiver, Liège, 2004

Pardon, Seigneur, Pardon

L’usage politique du pardon

 

En 1991, la préface d’un ouvrage dirigé par Olivier Abel débutait par un constat assez consensuel : « Le pardon n’est pas précisément une valeur à la mode ». Et bien voilà qui est chose faite : oui, le pardon semble d’actualité. Depuis quelques années, cette notion tend à s’inscrire dans un contexte tout à fait différent de sa sphère d’origine. Elle semble se détacher progressivement du pardon accordé au repenti, dans le secret de la confession.

C’est sans doute Willy Brandt qui, le 7 décembre 1970, cristallise symboliquement cette nouvelle dimension du pardon. En visite officielle à Varsovie, le chancelier allemand s’agenouille devant le mémorial dédié aux héros et aux victimes du ghetto de Varsovie. Trois ans plus tard, devant la dalle du Yad Vashem à Jérusalem, il lit un psaume implorant le pardon divin. En 1990, c’est le président tchécoslovaque, Vaclav Havel, qui adresse des excuses officielles au président allemand concernant l’expulsion des Allemands des Sudètes.

Depuis lors, les exemples n’ont cessé de se succéder : Lech Walesa présente des excuses au nom des Polonais qui ont causé des torts aux Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ; Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de l’Etat français dans les rafles de Juifs de l’été 1942 ; Guy Verhofstadt demande pardon devant des milliers de Rwandais. Plus récemment, les présidents de la Croatie et de la Serbie-et-Montenegro échangent publiquement leurs « excuses » pour le « mal » que leurs pays se sont causé l’un à l’autre. Bref, le pardon envahit la sphère politique. 

Le pardon comme grandeur politique ?

Il est cependant opportun de s’interroger : le pardon est-il approprié au champ politique ? Pour Hannah Arendt et Paul Ricoeur, le pardon constitue une grandeur politique. Il est la seule démarche qui soit capable de rouvrir la mémoire sans pour autant susciter le ressentiment et le désir de vengeance. Son objectif n’est ni de nourrir une cicatrice incicatrisable, ni de gommer le souvenir. Il est de rompre à la fois la dette et l’oubli. Loin d’effacer le passé, le pardon intervient dans celui-ci. Il tente de le modifier en lui donnant une autre signification. Non pas en faisant, comme par magie, que ce qui est arrivé ne se soit pas produit. Mais en révélant d’autres avenirs possibles du passé.

L’expérience tentée par l’Afrique du Sud il y a quelques années repose sur cette démarche. En mai 1995, le parlement sud-africain crée la Commission pour la vérité et la réconciliation (TRC) pour parvenir à la réconciliation par l’ubuntu (le pardon) et non par la vengeance. La TRC n’est pas un tribunal. Elle se contente d’encourager les aveux, de susciter les contritions, l’expression des victimes et le pardon. La recommandation d’amnistie ne constitue que l’une de ses fonctions, les trois autres relevant de la production d’un nouveau rapport au passé. L’objectif de la TRC est de permettre aux victimes de trouver une forme de reconnaissance et de réparation; aux coupables de se défaire de leurs fardeaux et d’obtenir protection pour l’avenir.

L’exemple est édifiant. Notons toutefois qu’il n’a évidemment pas refermé la totalité des plaies issues du régime d’apartheid. La plupart des reproches adressés à la TRC concernent la procédure d’amnistie. Aucun repentir n’est exigé pour pouvoir y prétendre. Des aveux suffisent. Mais l’attitude provocatrice et l’arrogance de certains assassins ont réveillé la colère d’une partie de l’opinion publique noire. Il importe par ailleurs de rappeler une caractéristique essentielle du processus sud-africain: les faits sont relativement récents, coupables et victimes sont face à face. C’est donc sans attendre le passage d’une ou plusieurs générations que les représentants officiels ont tenté d’instaurer le dialogue. Cette caractéristique est rare. Les gestes officiels de contrition qui sont posés officiellement ne surviennent en général que longtemps après les faits. Souvent juste assez longtemps pour que leurs auteurs ne soient plus en vie. Cela explique que ces demandes de pardon soient parfois rejetées.

Limites d’un pardon collectif

Ainsi, en 1996, le président Ezer Weizman – premier chef d’Etat israélien à s’exprimer devant les chambres du parlement allemand – refuse le pardon au nom des victimes du nazisme : « En tant que président de l’Etat d’Israël, je peux porter leur deuil et évoquer leur mémoire, mais je ne peux pardonner en leur nom ». La conception du pardon dans le rapport d’une collectivité à une autre, plutôt que dans un rapport de personne à personne, pose la question de la représentation à un double niveau. Ce sont des « représentants » qui demandent pardon pour des faits qu’ils n’ont pas commis eux-mêmes (1) et qui accordent le pardon au nom de victimes qui se taisent à jamais (2).

1. Le manque de repentir de la part des auteurs véritables des faits incriminés constitue le premier argument de taille contre la légitimité d’un pardon collectif. De fait, ne faut-il pas s’avouer coupable, sans réserves ni circonstances atténuantes, pour prétendre au pardon ? De quels méfaits Willy Brandt – dont l’attitude à l’égard des nazis ne peut être mise en cause – serait-il coupable ? En quoi Jacques Chirac – qui avait à peine 10 ans lors de la rafle du Vel’ d’hiv – serait-il coupable ? Tous aujourd’hui s’accordent sur le fait que la culpabilité – comme l’innocence – ne peut être qu’individuelle. Une faute n’est pas transmissible d’une génération à l’autre. Il est tout à fait dénué de sens d’accuser moralement une communauté entière. Un gouvernement ou une nation ne sont jamais coupables de leur passé. On peut néanmoins concevoir qu’ils soient responsables de la manière dont ils gèrent, aujourd’hui, l’héritage de leur histoire.

2. Le second grand obstacle à la notion de pardon collectif réside dans une certaine fidélité à l’égard des victimes. C’est dans cette optique que Vladimir Jankélévitch s’insurge avec véhémence contre l’idée même d’un pardon après l’horreur de la Shoah: « Libre à chacun de pardonner les offenses qu’il a personnellement reçues, s’il le juge bon. Mais celles des autres, de quel droit les pardonnerait-il? ».

Au vu de ces arguments, il paraît difficile de plaider en faveur d’un pardon collectif. Cette conclusion n’implique aucunement la mise en cause de l’impact souvent positif des divers types de reconnaissance officielle. Il ne s’agit pas de les considérer avec cynisme, mais de les replacer dans le contexte qui est le leur. Pour cela, il est indispensable de distinguer les sphères privée et publique. Au point de vue strictement personnel, un pardon peut avoir lieu si la victime est animée d’un désir de compréhension de l’autre et si l’offenseur est capable d’un véritable repentir.

Quant aux gestes symboliques tels que les déclarations de repentance ou les présentations d’excuses officielles, ils concernent davantage la question politique d’un rapprochement, plutôt que celle du pardon à proprement parler. Les positions adoptées par les tenants de la mémoire officielle sont loin d’être dictées par les seuls soucis de justice et de reconnaissance. Ancrées dans un contexte bien déterminé, elles résultent d’un calcul politique qui dépend directement des rapports de forces et des intérêts en jeu. Or, l’une des caractéristiques principales du pardon réside dans son caractère total et gratuit. La notion de « pardon négocié », voire « forcé », ne peut être qu’antinomique. N’est-il donc pas préférable de distinguer la réflexion d’ordre moral et une éventuelle utilisation politique de celle-ci ?

Valérie-Barbara ROSOUX 

Chercheur qualifié du FNRS, Université catholique de Louvain

 

 Source:Dossier « Le pardon » du Périodique semestriel « Reliures » n° 13 Automne-Hiver, Liège, 2004

 1. O. ABEL (dir.), Le pardon, briser la dette et l’oubli, Paris, Autrement, 1991, p. 7.

2. Voir h. ARENDT, Condition de l’homme moderne, Paris, Calmann-Lévy, 1983 et P. RICOEUR, Le Juste, Paris, Seuil, 1995.

3. Le Soir, 17 janvier 1996.

4. K. JASPERS, La culpabilité allemande, Paris, Editions de Minuit, 1948, p. 75.

5. V. JANKELEVITCh, L’imprescriptible, Paris, Seuil, 1986, p. 55.

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L’ONU et les programmes de justice réparatrice (1)

La justice réparatrice.

Dans de nombreux pays, le mécontentement et la frustration engendrés par le système judiciaire ainsi que le regain d’intérêt porté à la préservation et au renforcement des pratiques coutumières et traditionnelles ont conduit d’aucuns à appeler de leurs vœux de nouvelles réponses à la délinquance et aux troubles sociaux. Nombre de ces réponses donnent aux parties concernées et, souvent, aux personnes qui les entourent la possibilité de participer à la résolution de conflits et d’en traiter les conséquences.

Les programmes de justice réparatrice se fondent sur l’idée selon laquelle les parties à un conflit doivent activement participer à sa résolution et à l’atténuation de ses conséquences. Ils procèdent également, parfois, d’une volonté de revenir à une prise de décisions locale et de renforcer la communauté. Ces démarches sont également vues comme un moyen d’encourager l’expression pacifique d’un conflit, de promouvoir la tolérance et l’intégration, de faire respecter la diversité et de favoriser des pratiques locales responsables.

Les formes nouvelles et établies de justice réparatrice donnent aux communautés des moyens bienvenus de résoudre les conflits. Elles font intervenir des individus qui sont non pas extérieurs à l’incident, mais directement concernés ou touchés par celui-ci. La participation de la communauté n’est plus abstraite, mais directe et concrète. Ces procédures conviennent particulièrement aux situations où les parties interviennent volontairement et où chacune a la possibilité de participer pleinement et sans risque à un processus de dialogue et de négociation.

Le présent Manuel se concentre sur les programmes de justice réparatrice en matière pénale, mais on notera que cette procédure est également utilisée pour traiter et résoudre des conflits dans d’autres contextes, y compris l’école et le lieu de travail.

Dans de nombreux pays, l’idée de participation de la communauté jouit d’un large consensus. Dans les pays en développement, la justice réparatrice se pratique souvent dans le cadre traditionnel ou coutumier. Ce faisant, ces pratiques peuvent contribuer à renforcer le système judiciaire existant. Dans la justice participative, cependant, l’une des principales difficultés consiste à trouver les moyens de mobiliser la société civile tout en protégeant les droits et intérêts des victimes et des délinquants.

La justice réparatrice est une méthode de résolution des problèmes qui, dans ses diverses formes, associe la victime, le délinquant, leurs réseaux sociaux, des organismes judiciaires et la communauté. Les programmes correspondants reposent sur le principe fondamental selon lequel le comportement criminel non seulement viole la loi, mais aussi lèse les victimes et la communauté. Pour traiter les conséquences de ce comportement, il faudra, à chaque fois que cela est possible, associer le délinquant et les parties lésées tout en apportant à la victime et au délinquant l’aide et l’appui dont ils ont besoin.

Par justice réparatrice, on entend un processus par lequel on combat la délinquance en réparant le mal fait aux victimes, en rendant les délinquants comptables de leurs actes et, souvent, en associant la communauté à la résolution du conflit. La participation des parties est un aspect essentiel de ce processus, qui place l’accent sur l’établissement d’une relation, sur la réconciliation et sur la recherche d’une entente entre les victimes et le délinquant. Cette méthode peut s’adapter à diverses cultures et aux besoins de différentes communautés. Grâce à elle, la victime, le délinquant et la communauté regagnent une certaine maîtrise du processus. Ce processus, de surcroît, peut lui-même souvent transformer les relations qui existent entre la communauté et le système judiciaire.

                                         Office des Nations Unies contre la drogue et le crime  

                                         A suivre …

Suivons le Guide!

Source: Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Manuel sur les programmes de justice réparatrice, 2008, 116 pages

Munyarwanda haguruka twubake demokarasi

Kuva Urwanda rwatangira kugira impunzi, nta politiki nyakuri ihuza abanyarwanda, abari mu Rwanda no hanze yarwo, yigeze ibaho. Ntiyagombye kwitwa politiki yo gucyura impunzi kubera impamvu ngiye gusobanura. Umuryango mpuzamahanga ushinzwe kurengera impunzi nawo nta bubasha ufite bwo gushyiraho iyo politiki kuko utagizwe n’abanyarwanda. Nta n’ubwo ukwiye kuzihatira gutaha nkuko bikunze kuvugwa. Ahubwo uwo muryango ugomba kwirinda kurenganya impunzi. Kimwe n’uko bamwe mu banyarwanda ari bo bashyizeho politiki mbi yo gutanya no guteranya benewabo kugeza ubwo yirukanye abavandimwe babo mu gihugu bavukamo, hakwiye kuboneka abandi banyarwanda biyemeza bashyiraho politiki ihuza abanyarwanda bose kandi yafasha impunzi gutaha mu Rwanda, politiki ishingiye ku mahame ya demokarasi. Umuryango mpuzamahanga ushinzwe kurengera impunzi ukabibafashamo.

Umuhanzi w’umuhanga Byumvuhore Yohani Batista aragira ati: « Muce iteka mu Rwanda uwahunze arutahe… » Nawe arifuza ko duhurira mu Urwatubyaye. Reka twumve  uko yubaka demokarasi. 

Ndahamya rero ko iyo politiki atari amashyaka akwiye kuyikora kuko adahuje gahunda. Ndetse zimwe mu mvugo na bimwe mu bikorwa by’amashyaka yabayeho n’ariho ubu ntibihumuriza abanyarwanda kuko bitabaha icyizere cyo kubana hamwe. Hari ibimenyetso byinshi bibigaragaza. Dore bimwe muri ibyo bimenyetso:

  • Wasobanura ute ko ishyaka ryawe rifite politiki ihuza abanyarwanda mu gihe ritarengera bose kandi impunzi ziba ari nyinshi i Shyanga?

  • Wakwita inyangarwanda abanyarwanda bari hanze y’igihugu n’abandi mutavuga rumwe (n’izindi nyito ntavuze) ubashinja ibyaha batakoze, kandi ababikoze bahari, warangiza ukababwira ko ngo ishyaka ryawe rishaka kuba umuhuza wabo, ngo nibatahe nta kibazo gihari demokarasi iraganje?

  • Washinja ibyaha bitabaho abanyarwanda bari mu gihugu (n’ibindi bikorwa ntavuze), ngo ko bakubuza gutaha kubera ko bashyigikiye ubutegetsi urwanya, warangiza ukababwira ko ishyaka ryawe rishaka kuba umuhuza wabo ndetse ko ubazaniye demokarasi yo kubarengera?

  • Ishyaka ryaba umuhuza w’abanyarwanda bose gute mu gihe hari ayandi atavuga rumwe naryo?

  • Amashyaka yahuza abanyarwanda gute mu gihe nayo ubwayo ashyamirana ntashobora guhura ngo agirane ibiganiro nyakuri? Niyo yabishobora, ntiyahuza abanyarwanda bose kuko hari abatayarimo.  

1. Tuzahurira i Rwanda ryari?

Kera kuri Repubulika ya mbere n’iya kabili, nta mpunzi zatinyukaga ku mugaragaro gusura bene wabo babaga bari mu Rwanda. Ababikoraga bajyaga mu gihugu rwihishwa. Kimwe n’uko abaturage bo mu gihugu batatinyukaga kujya gusura impunzi bene wabo mu bihugu bahungiyemo. Uwabikoraga yashoboraga gucibwa umutwe aramutse amenyekanye. Vuba aha, hari uwambwiye ko iyo yajyaga gusura umubyeyi we ngo yagendaga nk’abacengezi. Ibyo mbabwiye nanjye ndabizi neza ntawabimpakanya…

Nyuma y’intambara ya 1994, ibintu byarahindutse. Impunzi zashoboraga gutaha cyangwa umuntu akaba yajya kuzisura avuye mu Rwanda. Na n’ubu, mu gihe nandika iyi nyandiko, hari n’abanyarwanda bo mu gihugu bajya gusura bene wabo b’impunzi ku mugaragaro bakagaruka mu gihugu nta nkomyi. Hari n’impunzi zaboneye ubwenegihugu aho zituye, zijya gusura benewabo mu Rwanda zikagaruka mu gihugu zahungiyemo ntawe uzihutaje. Kuba batagumayo, ni ku mpamvu zabo bwite ariko umuntu ntiyabura kugira icyo abivugaho.

Kuko iyo bagiye mu Rwanda, bagendera ku rupapuro rw’inzira (passeport) bahawe n’igihugu cy’amahanga batuyemo. Bakagenda bitwa ko ari abanyamahanga (abanyamerika, abafaransa, ababiligi, abaholandi, abanyakanada, n’abandi benshi). Bamwe muri bo ngo iyo bageze ku kibuga cy’indege i Kanombe, abakozi b’icyo kibuga iyo bababajije mu kinyarwanda abandi basubiza mu cyongereza, bakakididibuza, abavuga igifaransa bagashaka abasemuzi! Ni uko abakozi bakajya ku butaka, bagaseka bagatemba, kuko ibisubizo babona biba biberanye n’ibibazo bababajije. Byumvikana ko baba bumva ikinyarwanda kandi ari abanyarwanda. Ibyo byerekana ko n’ubwo baba basubiye mu Rwanda, baba bagifite ubwoba, n’ikimenyimenyi nyine ni uko batagumayo ngo batureyo kandi ari mu gihugu cyababyaye. Ngo ntawamenya ejo uko bizagenda… Ariko ababakira ku kibuga cy’indege, cyangwa mu gihugu imbere, baba bazi ko ari abanyarwanda. Ngo nta munyarwanda uyoberwa undi! Birumvikana rero ko, niba hari abanyarwanda bajya i Rwanda bagatinya kuvuga ikinyarwanda kandi bakizi, ururimi ruduhuza, ni uko igihe cyo guhurirayo twese kitaragera, Icyo gihe ni cyo dutegereje. Nyamara ibyaduhurizayo si byo tubuze, ahubwo ni uko tutabishyira imbere.

Ibyo maze kuvuga binyibutsa ibindi byabaye mu gihe cyo kuva muri za 1960 (na mbere yaho ndetse) kugera muli 1994, ubwo abatutsi bamwe bafashe amarangamuntu y’abahutu, bahunga akarengane kakorwaga na politiki y’irondakoko cyangwa kugirango berekane ko bashyigikiye ubutegetsi bwariho. Bagahisha ko ari abatutsi. Ariko abaturanyi babo ndetse n’abategetsi babahinduriye ubwoko, ntibari bayobewe ko bari abatutsi. Muri 1994, ibyo hari abo byakijije, ariko si bose. Ntihagire ubimpakanya kuko hari abo nzi. Ubwoko bw’abatutsi, baje kwongera kubwemera ku mugaragaro nyuma y’intambara ya 1994, maze bahemukira bamwe mu bahutu batumye barokoka, barabafungisha babarenganya abandi ndetse barabicisha, kandi ari byo bangaga ko abandi babakorera. Nka ba bahutu banze gukandamizwa n’abatutsi igihe cy’ubwami nyuma aho buviriyemo nabo bagahohotera abo batutsi. Icyo bamwe barushije abandi ni iki? Ni uko bashyira ubwoko bwabo imbere, baraburata karahava! Baririmba intsinzi mu majwi meza, barahanika, nk’abanyuramatwi nyuma ya 1960 ubwo bagiraga bati : « Turatsinze ga ye, turatsinze!… » Abandi nabo bati: « Intsinzi bana b’Urwanda intsinzi... ». Mbega amajwi meza y’abahutu n’abatutsi we! Izi ndirimbo uwazivanga zikavamo imwe gusa ariko agashyiramo n’amajwi y’abatwa yaba nziza pe! Abo banyarwanda bose uwabahuza bakaririmbira hamwe ko batsindiye demokarasi aho gutsindana Isi yose yahururira icyo gitaramo! Bazahura ryari, bazahuzwa na nde?

Ni uko rero ba « bahutu » basubiranye ubututsi bifatanya n’abandi barokotse babyina iyo intsinzi, kandi bamaze kubura ababo, barataraka reka sinakubwira! Kurusha abatsinze intambara! Waba utabizi ukagirango bafatanyije urugamba cyangwa batanze umusanzu, bityo bakaba bari ibyitso koko. Byahe byo kajya. Habe n’igiceri cy’ifaranga! Ngo ni uko bahuje ubwoko, nkaho ari bwo butsinze. Ibyo gusa! Kandi muri iyo ntambara na mbere yaho, barifatanyije n’abahutu banze itotezwa ry’abatutsi. Ariko ubu hari abari hanze y’igihugu, hamwe na bamwe muri abo bahutu bishongoragaho ko batsinze, baranabatanze mu buhungiro. Intambara ikirangira narebaga ibyo bigira nkumirwa. Nababaza ibyo barimo bakanyamagana. Nkayoberwa niba ari bo nari nzi. Birumvikana ko bagombaga kwishimira ko barokotse, ni byo rwose. Ariko ntibyakwitwa gutsinda. Byari kuba byiza nanone iyo bashimira ababafashije kurokoka, abaribo bose. Nyamara, nyuma baje kubona ko ibyo nababwiraga byari ukuri. Isi burya ngo ni zunguruka kandi ibyayo ni amabanga koko! Gatebe Gatoki! Abanyarwanda bafite ubwenge cyimeza ku buryo bamenye ko Isi izunguruka mbere yuko bagera mu mashuri y’ababiligi, ariko bamwe na bamwe barabyibagirwa. Niba bakoreshaga ubwo bwenge uko bikwiye Urwanda rwahinduka Paradizo! 

Nanone mbere gato ya génocide muri 1994, nahuriye i Kigali n’umugabo w’umusivili twiganye wandikaga mu kinyamakuru inzandiko zikoma abatutsi. Ni uko ndamubaza nti: ese ko ziriya nyandiko zawe zituka abatutsi, wagerageje ukazihagarika? Ati: mba nkangurira abahutu kugirango birwaneho. Intambara iri hafi kurangira, twongera guhura yambaye simoko (imyenda ya gisirikare). Bitewe nuko nari nzi ko atigeze mu gisirikare, mpita nibwiriza mbona ko yabaye interahamwe, ngira ubwoba. Nibuka ibyo namubwiye ngirango ari buntunge imbunda yari afite. Mbuze icyo mubwira, mubaza aho imirwano igeze, ati: turi hafi kuzikubita inshuro (inkotanyi). Kandi ubwo, twari mu majyepfo y’igihugu tuvuye i Kigali, duhunga iyo ntambara, dusiganwa, inkotanyi ziri hafi kutugeraho! Iyo wa muryango urengera impunzi (HCR) utanga imidari, mba mberetse uw’urwibutso negukanye uwo munsi; kuko abo twari kumwe narabanikiye ku buryo narinze ntandukana n’uwo mugabo bataranshyikira. Ndakeka ndetse ko nanjye nesheje umuhigo! Ni uko uwo mugabo musezeraho nikomereza kwiruka amasigamana, musiga aho, nyuma y’amasaha atatu gusa inkotanyi zifata aho namusize agitegereje kurwana nazo. Naje kumenya ko ari ho zamwiciye. Nawe iyo aza kuba akiriho, yari kwemera ko ibyo nigeze kumubwira byari ukuri. Kera twigana uwo musore yaritondaga sinari nzi ko nawe yahinduka atyo. 

Mvuze ibyo kugirango tureke gushyira amoko y’abanyarwanda imbere y’ibiduhuza no kuyaha agaciro adafite. Ntabwo ari ugusesereza abo bavandimwe. Oya rwose sinabigira. 

Ibyo bikorwa byo kurata, gushyira imbere amoko no kuyagira ibikangisho ndabirwanya; ariko ibindi birebana no guhindura ubwoko n’ubwenegihugu ndabyemera, ndabishima kandi ndabishyigikiye, kuko ari uburyo bwo kurengera amagara yawe cyangwa ubuzima bw’undi. Ndetse nanjye muri 1994, hari abagabo babiri b’iwacu kavukire nafashije muri ubwo buryo. Umwe muri bo yari iwanjye mw’ijoro ryo kuwa 6 rishyira kuwa 7 Mata. Bukeye mugira inama duhisha irangamuntu ye y’ubututsi, mubwira ko agomba kwumva ko, guhera uwo munsi, ahindutse umuhutu (psychologiquement), nihagira umubaza ibyangombwa tumubwira ko ari umuhutu, tukamubwira ko irangamuntu ye bayimwibye ku itariki ya 6 Mata ubwo yari mu rugendo aje kunsura. Mbikora mu muhango ujya gusa nk’uyu:

- Nti: wemera ko Kanyarwanda ari umukurambere w’abanyarwanda twese kandi utagira ubwoko? Ati: ndabyemera.

- Nti: wemera ko Gahutu, Gatwa na Gatutsi bose ari abana b’Urwanda? Ati: ndabyemera.

- Nti: wemera ko umunyarwanda wese ashobora kwitwa Gahutu uyu munsi, ejo akitwa Gatutsi, ejobundi akitwa Gatwa, ejobundi buriya akitwa Kanyarwanda izina ry’umukurambere wacu twese, kubera ko nta tegeko aba yishe? Ariyumviraaaaa. Ati: ndabyemera.

Nti: guhera ubu rero, mw’izina rya Kanyarwanda, umukurambere wacu twese kandi utagira ubwoko, kubera ko wemera ayo mayobera uko ari atatu, bitewe n’ibihe turimo, nkwise: GAHUTU, uzitwe iryo zina kugeza igihe intambara n’itotezwa rya Gatutsi birangiriye. Nibirangira uzitwe irindi zina uzashaka, rijyanye n’igihe tuzaba tugezemo, maze uzibereho. Uzaba umaze kumenya byinshi. Kandi ubwo wemera ko ukomoka kuri Kanyarwanda utagira ubwoko, nawe ushobora kwiyita iryo zina kuko riruta ayandi. Mba ndamubatije mwene Kanyarwanda! Ngira Imana nawe arankundira ashirika ubwoba. Kundusha. Ibyo twapanze ni ko byagenze koko, nanjye ndamuvuganira birakunda. Bicamo, nka ya mvugo y’iki gihe!

Yashiritse ubwoba, ku buryo umunsi umwe bumaze kwira yambwiye ati ngiye kuri bariyeri. Nti uramenye, uramenye. Ati si ndi GAHUTU se, kandi ntitukiri mu ntambara? Ati reka nigire kuri bariyeri nk’abandi. Mu gihe ntaramusubiza, aba yasohotse yihuta ajya kuri bariyeri. Uko yakabivuze koko, mukurikiye numva amasasu y’urufaya, ngira ubwoba nsubira munzu. Nti birarangiye interahamwe ziramwishe. Ndara nibaza ibyo nzasobanurira umuryango we nimba nkiriho, ntazi ibizawubaho. Ijoro ryose amasasu arara aturagurika imbere y’iwanjye. Bukeye njya gushaka umurambo wa GAHUTU mu yindi ndawubura, bambwira ko inkotanyi zatwaye abari kuri iyo bariyeri bose, hamwe na bamwe mu batutsi bari mu ngo zabo. Ni uko umugabo akira atyo. Agomba kuba atarategereje ko intambara irangira kugirango ahindure izina! Ubu sinzi uko yitwa! Ariko Imana twagize, ni uko aho nari ntuye hari kure cyane y’iwacu twese kavukire, bityo abaturanyi bakaba batari bamuzi. Kimwe n’uko nanjye batari banzi neza kuko hari hashize amezi abiri gusa mpimukiye kandi ari mu mujyi. Nkuko umwe mu baturanyi banjye wajyanywe n’inkotanyi muri iryo joro yabimbwiye intambara irangiye, ngo ni yo mpamvu ataje kumbwira ngo tujyane…

Ngibyo ibyo twise amoko y’abanyarwanda! Ayo moko y’abanyarwanda aba mu mutwe no mu ngengabitekerezo ya politiki (idéologie politique), bityo akaba ukundi kwemera (autre croyance). Ntabwo aba ku isura ry’umubili cyangwa mu muco karande wacu kandi ntanavukanwa, baratubeshye. Binyibutsa nanone umuntu wambwiye ko yari afite abavandimwe bamwe bemera ko ari abahutu abandi bemera ko ari abatutsi kandi bose basangiye se na nyina. Arambwira ati: nanjye rimwe numva ndi umuhutu, ubundi nkumva ndi umututsi. Iby’amoko nzabigarukaho mu nyandiko yihariye, twumve abatayemera n’abayemera, maze twibaze tuti: atumariye iki? Nbabararitse! Izo nkuru maze kubabwira mu mwanya ni impamo (ukuri), ntabwo ari urwenya. Byumvikane neza, ntabwo ibyo maze kuvuga ari ukugereranya ibibi by’ingoma z’ubutegetsi, ahubwo ni ukwerekana uburyo umuntu ashobora kubirwanya, yirengera cyangwa arengera undi, kandi nkanerekana ibyiza byazo n’ukuntu birutana. Mwihangane twibande cyane ku byiza biri muri izo ngero ntanze kurusha ibibi bizirimo

Hari ndetse n’abahunguka bakaguma mu gihugu. Iyo ni indi ntambwe nziza. Ibyo buri wese akwiye kubishima, iyo izo ngendo navuze ntacyo zibangamiraho abandi banyarwanda, ni ukuvuga iyo nta kindi kizihishe inyuma mu buryo bwa politiki. Bamwe bari muli politiki y’amashyaka bo ariko hari igihe babinenga, bakavuga ko abakora izo ngendo bajya gufatanya n’abo batavuga rumwe nabo, kandi atariko bigenda buri gihe. Ibi ni byo navuze nti impunzi zizataha nizibona ko icyo zahunze kitakiriho. Bizaba mahire nanone umunsi umwe buzacya tukumva ku maradiyo, amatereviziyo, internet n’ibindi binyamakuru, hari abayobozi bakuru batangaje nk’ibyo uyu muririmbyikazi avuga, maze bagatanga ihumure. Impunzi zituye Isi yose zahita zitaha ikivunge, zisiganwa, nk’igihe zasohokaga mu gihugu muli 1994 zishaka ahari amahoro. Twamara kugera i Rwanda, abanyarwanda tukarara « inkera y’amahoro » bukadukeraho! Duhagaze bwuma!

Uyu muririmbyikazi aragira ati: « Banyarwanda twese nimuze duhurire i Kigali, Kigali umurwa w’amahoro, umutima w’Urwatubyaye. Turare inkera, turare inkera y’amahoro… » Reka mbareke mumwiyumvire nawe uko yubaka demokarasi. Arifuza ko duhurira iwacu. Akwiye kuzaba umwe mu bayobozi ba wa muryango uzahuza abanyarwanda. 

Abo bahunguka n’abajya gusura bene wabo, babisikana ariko n’abandi basohoka mu gihugu bahunze. Ni uko bahurira mu nzira bakabazanya aho bagiye, buri wese agasubiza ati: ngiye aho uvuye! Uvuye mu Rwanda ati ngiye muli misiyo (mission). Wa « munyamahanga » yagaruka mu gihugu yaturutsemo, akahasanga wa munyarwanda, akamubaza ati: ese ko utarataha, misiyo ntirarangira? Undi ati: yararangiye ariko nagumye ino nkawe! Ngo: ku zihe mpamvu se? Undi ati: nk’izawe! Akongeraho ati: nanjye ndashaka ubundi bwenegihugu! Yamubaza iki kindi uretse kumuha ikaze? Naho undi muntu witegereje abo banyarwanda akabaza ati: « Ese ko bamwe bahunguka abandi bagahunga, muzahurira i Rwanda ryari? Muzahuzwa na nde? » Bakabura icyo bamusubiza.

Politiki ihuza abanyarwanda ni yo twese dukeneye. Duhagurukire rimwe twese tuyikore, maze murebe ko tudahurira i Rwanda !

2. Nitwisuzume maze twubake demokarasi

Muri politiki, abanyarwanda dufite akamenyero ko gushakira ibibazo n’ibisubizo byose ku muntu umwe gusa cyangwa ku bantu bake bari kw’isonga mu butegetsi bukuru bw’igihugu. Bamwe bati kanaka n’abagize ikipe ye bavuye ku butegetsi maze twe n’ishyaka ryacu tukabasimbura, impundu zavuga, igihugu kigatemba amata n’ubuki. Abandi bati reka daaa, bati muribeshya hari ibyo mutazi, ntimukurikira, ahubwo bagumyeho n’ishyaka ryabo ni ho abanyarwanda twese twagira amahoro arambye, igihe cyose, maze tugahorana umunezero, kuko tubona nta bandi bakora ibyiza nk’ibyo batugejejeho.

Hakaba n’abandi bashyira ibibazo byose ku banyamahanga. Bati: « abakoloni ni bo ba mbere baduteje ibibazo dufite kuko baduteranyije. » Hari n’abavuga ngo abo banyamahanga nta somo bakwiye kuduha batwigisha demokarasi ngo kuko ibyo dukora nabo babidukoreye mu gihe cy’ubukoloni. Nanjye nti: ni uko nyine baba badashaka ko dukora nk’ibyo badukoreye. None se twaba tubarushije iki? Bo umuntu agerageje kubumva – ni ukugerageza ariko, kandi si ukubashyigikira – yavuga y’uko bari ba Kavamahanga, igihugu kikaba kitari icyabo. Kandi hari kera ga! Ariko se twe byakwumvikana gute ko abantu bica bakanakandamiza bene wabo bavindimwe? Muri iki gihe tugezemo. Twarangiza tukaririmba ko twabonye ubwigenge. Murumva bitababaje? Hari ushobora kumbwira ngo ikibitera ni uko abategetsi badukandamiza baba bashyizweho n’abazungu mu nyungu zabo. Nkaho ari bo babategeka gukora ibyo bakora, maze bagahinduka nka za robots zikoreshwa na télécomandes! Kandi atari byo, ahubwo ari abantu batekereza kimwe n’abandi. Ibi nabyo nzabigarukaho.

Na n’ubu hariho abikoma abazungu ngo ni bo bakomeza kuduteza bibazo ngo kuko bakora intwaro bakaziduha tukicana. Ngo: « intwaro z’abazungu ziratumaze. » None se nyine ko bo baticana iwabo kandi bazifite, ari bo bazikora? Ntibagire intambara. Nkaho ibihugu bifite amahoro na demokarasi ari uko byo nta ntwaro bigira. Kandi ndetse bifite iza rutura n’iza kirimbuzi! Baziduha se tutazibasabye? Erega nubwo basanzwe bakize bakeneye amadolari (dollars) n’amayero (euros)! Ngo: « ntawanga ijana mu rindi. » Nyamara nta muzungu ndumva wari bwafatanwe karacinikovu cyangwa umupanga ari kurasa cyangwa gutema abanyarwanda. Si twebwe twaciye umugani uvuga ngo: « usenya urwe umutiza umuhoro? »

Hari n’abavuga ngo izo ntwaro ni zo mbi zitabayeho twagira amahoro. Erega bagatinyuka bakabyigisha no mu mashuri. Abana badasobanukiwe bakagirango zirikora zikanikoresha (zikanirashisha)! Biramutse ari ibyo, kubera ubwinshi n’uburemere bwazo, muri uyu mwanya musoma iyi nyandiko Isi yahita irimbuka, uwo munsi ukaba uw’imperuka. Abazungu bakadutanga mw’ijuru kuko iryo rimbuka ryatangirira iwabo. Ariko abazikora, abazicuruza n’abazikoresha babaye intungane, iyi Si dutuyeho yahita ihinduka Paradizo, kandi tugatanga abazungu kuyigeramo, kuko twabatanga kwicuza ibyaha byo kuzikoresha nabi! Tukagira amahoro iteka ryose kuko intambara zose zahita zirangira. Abantu ntidushobora rero kuba intungane, kandi intwaro si zo mbi, ahubwo ikibi ni ukuzikora no kuzikoresha nabi. Dukwiye kwicisha bugufi, tukemera amakosa yacu aho kuyashakira ku bandi gusa. Kandi nabo bakemera ayo bakoze n’ayo bakora mu bundi buryo. Ibyabo simbitindaho kuko muri iyi nyandiko ndi kubwira abanyarwanda twese.

Ni uko tukanga kwemera uruhare rwacu muri ibyo bibazo no gushaka urwo twagombye kugira mu kubishakira ibisubizo. Tukavuga ko ibibazo byacu ari abandi babitera gusa, kandi ko ari bo bagomba kubikemura. Bikaba ari byo bitworohera. Nkaho turi « irresponsables. » Niba dushaka demokarasi nyayo, dukwiye guhindura imitima n’ibitekerezo byacu (révolution morale des mentalités). Iyo mpinduramatwara dukeneye ubu ntigomba gukorwa n’igice kimwe cy’abaturage nkuko byagenze muli 1959 igihe cya revorisiyo (révolution) y’abahutu, ahubwo ikwiye gukorwa na buri munyarwanda kuko akarengane katugezeho twese mu buryo bunyuranye. Kandi igakorwa mu mahoro, itamennye amaraso, nta mvururu nta ntambara. Bityo buri wese yumve akababaro k’undi, ahagurukire guharanira no kwubaka iyo demokarasi nyarwanda, itari demokarasi irengera ubwoko bumwe gusa. Ntabwo rero ibyo ari inshingano y’abanyepolitiki bonyine.

Biranoroshye gushinja umuntu umwe cyangwa ikipe y’abantu kurusha gushaka igituma bakora ibyo baregwa kugirango hatazagira uwongera kubikora. Kuki tutibaza impamvu umuntu umwe ashobora kwica agakiza, ngo turebe ikibitera kugirango dushake umuti aho kwibanda ku bikorwa by’uwo mutegetsi wenyine? Aho si uko dutinya kwireba mu ndorerwamo, kugirango tutabona amakosa tuba twarakoze tumushyigikira mbere y’uko duhura n’ibibazo? Ese aho iyo système politique ituma ashobora gukora ibyo ntacyo yikanga, kimwe n’abandi baba baramubanjirije, yaba yubatse neza? Tubyibazeho. Kuba hari abanyarwanda bamaze guhunga inshuro nyinshi hakaba n’abandi batigeze bahunguka kuva Urwanda rwatangira kugira ibibazo by’ubuhunzi uko ingoma za Repubulika zagiye zikurikirana, birerekana ko iyo Repubulika itubatse neza kuko abanyarwanda bose batigeze bayibanamo, kugeza ubu. Ubwo amakosa yaba aya wa muntu umwe n’ikipe ye gusa? Umwami Rudahigwa yarabivuze ga, ati: « aho kwica Gitera, mwice ikibimutera ». Uyu mugani Munyabagisha François awusonabura neza mu gitabo yanditse cyitwa: « Rwanda: AMAHINDURA, Umuvuno w’ubwiyunge nyakuri. » Aragira ati: « nkuko muganga atavura indwara ataramenya ikiyitera, ni nako gukosora no kugorora umuntu bibanzirizwa no kumenya ikimutera gukosa no kugorama. » Arabeshya se?

Muri uyu mushinga w’ubwiyunge nyakuri, kimwe n’uko mparanira ubutabera mpuzabantu kubera ko butuma abafitanye ikibazo bashaka uruhare rwabo, buri wese ku giti cye, kugirango bagikemure, nanone nshyigikiye ko muli politiki mpuzabanyarwanda buri munyarwanda wese akwiye kwisuzuma, akabaza umutimanama we (examen de conscience), akamenya uruhare yagize cyangwa afite mu bibazo bya politiki y’igihugu cyacu, maze agatanga umuganda we mu kubishakira umuti niyo yaba nta ruhare abifitemo (la participation active des citoyens non seulement à la justice mais aussi à la politique). Niho ubwo ubwiyunge n’ubwigenge nyakuri butangirira. Nkuko tubyigishwa mw’Iyobokamana no mu bumenyi bw’imibanire myiza y’abantu, buri wese yirebye mu ndorerwamo akabona igitotsi kiri mu jisho rye maze akakivanamo, ni bwo yabona neza ikiri mu jisho ry’abandi bityo akabasaba kwireba kugirango bitokore, byabananira akabatokora.

Munyumve neza, ntabwo mvuze ko abanyarwanda twese dufite ibyaha bigomba kutujyana mu nkiko. Oya rwose. Kugira uruhare mu bibazo bijyanye n’imikorere y’ibyaha ntibivuze buri gihe kuba umunyacyaha (un responsable n’est pas nécessairement un coupable). Bibaye ibyo ntitwanabona n’abaducira imanza kuko abacamanza nabo baba bakeneye abazibacira! Ariko buri muntu agira umujyanama we mu mutima we: UMUTIMANAMA (la conscience). Buri munyarwanda abaze uwe maze yumve inama amugira.

Mu ndirimbo yise « Mutimanama », Masabo Nyangezi Yuvenali aragira ati: « ihanganire abandi cyane abo mudahuje ibitekerezo..  Ni umuhanga nawe mu kwubaka demokarasi. Tumwumve.

Dore ingero kuri ibyo maze kuvuga:

  1. Imanza za Arusha muri Tanzaniya zigitangira, nibajije ibibazo byinshi kubera ko uko nazikurikiranaga mu binyamakuru, numvaga abashinjwaga batemera ibyaha bya génocide ntibanavuge n’abayiteje. Kutemera ibyaha byo birumvikana mu gihe utabikoze, ariko nkibaza nti niba abo bari abategetsi bakuru batazi abategetse gukora génocide, ni bande babarusha kubamenya? Bavuga se ko ari abaturage bibwirije gutemana? Niyo waba utarakoze ibyaha uregwa ntunamenye ababikoze, waba warabaye umwe mu bategetsi bakuru utarigeze witandukanya n’iyo politiki ngo uyisezerere, ukavuga ko nta ruhare na ruto wagize ku kwubaka iyo système politique? N’ubwo ibyo utabihanirwa kuko uba utarabirezwe, ariko ukagira ubutwari bwo kubivuga ku mugaragaro. Ni byo bita mu gifaransa: assumer ses responsabilités. Ni uko ibyo bibazo bikamena umutwe. Hari umuntu nabibwiye, nawe ambwira ko yabitekereje nkanjye, numva ndaruhutse kuko ntari jyenyine utekereza gutyo.

  1. Dufate ko wabaye cyangwa uri umurwanashyaka w’ishyaka runaka ryigishije cyangwa ryigisha amacakubiri. Wavuga ko nta ruhare ufite mu bikorwa bibi by’iryo shyaka nubwo waba nta muntu ku giti cyawe wigeze urenganya, kandi uba warashyigikiye politiki mbi y’iryo shyaka? None se iyo habura abayishyigikira yari kubaho? Ibyo ni: « responsabilité morale. »

Ndemeza ko hari akarengane gaterwa na bamwe mu bategetsi bakuru, ariko hari n’akandi gakomoka kuri bamwe mu baturage ubwabo n’abategetsi bo mu nzego zo hasi, abategetsi bo hejuru batabizi cyangwa batabishyigikiye. Hari abaturage bemera gukoreshwa n’abayobozi mu bikorwa bihungabanya umutekano w’abandi. Hakaba n’abandi bibwiriza gutunga agatoki bakabeshyera inzirakarengane. Abo bose bakwiye kwisubiraho, bagahagarika ibyo bikorwa byabo kandi bakirinda kwongera kubikora kuko bibangamira ubutabera, ubwiyunge na demokarasi. Kugirango batazamera nkuko n’abandi byabagendekeye, nka bariya navuze. Maze bibaze bati: « Ejo nzamera nte ninkomeza gutya? » Ngo: nyamwanga kwumva ntiyanze no kubona. Ndi umuhuza, ntabwo ndi umuhanuzi…

Hari n’umugani uvuga ngo: « Umwami ntiyica hica Rubanda. » Bivuze ko kera abitaga Umwami NYAGASANI ari bo bicaga. Birashoboka ko babikoraga ku mabwiriza y’i Bwami, ariko ari bo batunze agatoki kuko Umwami atashoboraga kumenya abaturage b’igihugu cyose. Na nyuma y’ingoma z’Ubwami, uwo mugani wagumyeho. Bivuga ko umutegetsi mukuru adashobora kurenganya abaturage atazi, kuko adashobora kumenya ibibera hose mu gihugu, ntawe ubimubwiye. Agashobora no kuba yakwica umuntu wabeshyewe na Rubanda, ariko atabizi. Ibyo byagiye bibaho kenshi mu nkiko no mu butegetsi. Abantu bakazira amaherere, bakabeshyerwa kubera inzangano n’amashyari; bakarenganywa n’abitwaje ko bafite ibyo bahuriyeho n’abategetsi runaka (amasano, aho bakomoka, ubwoko, ubucuti, n’ibindi). Abadashoboye kwigerera i Bukuru ngo bivuganire bakahagwa, kandi ni bo benshi. Ibyo si ukwubaka demokarasi.

Reka mbahe urugero. Umunsi umwe umuntu yambwiye iyi nkuru yahagazeho. Ngo hari umutegetsi w’umusivili wigeze gukubitwa urushyi n’umusirikare ufite amapeti kubera ko bari mu kiganiro mu biro by’uwo mutegetsi ariko ntibashobore kwumvikana. Uwo musirikare ngo akaba yari yitwaje ko avuka hamwe na Perezida. Uwo mutegetsi akaba yari afite umwanya ukomeye mw’ishyaka ry’umukuru w’igihugu. Ngo yahise ajya kubwira Perezida ngo « fata ibyawe ntabwo mbereye muri uyu mwanya no gukubitwa n’abasirikare bawe. » Umukuru w’igihugu ngo yahise atumiza igitaraganya uwo musirikare maze amukombora amapeti yose ahinduka mayibobo. Ku mugaragaro!

3. Demokarasi nyarwanda

Tumaze imyaka irenga 55 yose turi mw’ishuli rya Demokarasi, twigana abarimu bacu b’abanyamahanga, nyamara nta dipolome turabona kugeza ubu. Ntabwo ari uko turi abaswa kuko mu bundi bumenyi turaminuza ndetse tukanabarusha. Ahubwo, ni uko hari indi impamvu: twiga (na) demokarasi y’abandi aho gushaka iyacu. Uko abarimu bahindutse, tugahindura amasomo, noneho tugahuzagurika. Ni aho bipfira. Dukomeje gushaka demokarasi muri ubwo buryo, Isi yazarinda irangira tutarayigeraho. Nongere mbigarukeho, iyo demokarasi twayubakira hamwe neza muri wa muryango waduhuza twese, waba uyobowe n’intumwa za société civile, amashyirahamwe n’amadini, ukunganira amashyaka ya politiki. Umuryango wa Kanyarwanda wigenga kandi utabogamiye ku mashyaka, ku madini, ku moko n’ibindi, ahubwo urengera amahame ya demokarasi igihe cyose. Umuryango umunyarwanda wese yibonamo. Buri wese akawuyoboka kandi akawushyigikira, agahaguruka maze agatanga umuganda we uko yishoboye. Dipolome ya Demokarasi nyarwanda ni bwo twayibona. Aho kugirango bamwe baharanire gutsinda abandi, tureke guhigana ingufu, ahubwo dushyire izo ngufu hamwe duharanire gutsindira iyo demokarasi kuko ni yo twese dushaka. Kandi uwo muryango si jye jyenyine uwusaba. Mu mwanya twumve impanuro y’umuririmbyikazi Teta Diana nawe aragira icyo abitubwiraho, azi kwubaka demokarasi. Igisigaye ni ugushyira ibyo bitekerezo mu bikorwa. Nitureke urwiganwa twifuza ko Urwanda ruhinduka nka bimwe mu bihugu by’Uburayi, Aziya na Amerika, kandi bidashoboka. Ibyo bihugu nabyo, ntibihuje demokarasi. Ahubwo duharanire ko RWANDA NZIZA igihugu cyacu kirusha ibindi byose demokarasi, maze nabyo bizaturebereho. Ngiyo inzira y’ubwigenge nyakuri.

Demokarasi irahenda ariko ni nziza, ntigira uko isa, kandi koko ngo akeza karigura!

Umuyobozi w’Umushinga w’Ubwiyunge Nyakuri

Umushinga wigenga utabogamiye kuri politiki y’amashyaka

Rwanda: « Notre destin, c’est la réconciliation »

Il y a 21 ans, le 7 avril 1994, commençait le massacre d’un million de Rwandais. De cette épreuve qui a divisé les familles et fait s’exiler des milliers de personnes, est née la volonté d’œuvrer à la réconciliation chez Aloys Musomesha. Rencontre avec ce juriste spécialiste en droit humanitaire, vivant aujourd’hui à Beaumont.

« 21 ans après le génocide, je suis triste de ces événements qui ont lieu. Et en même temps, mon esprit est plein d’espoir puisque le peuple rwandais est sur la voie de la réconciliation. » Aloys Musomesha, qui s’exprime aussi paisiblement, fait pourtant partie des rescapés du Rwanda. Menacé à plusieurs reprises, notamment parce que son père était réfugié à l’étranger, l’homme originaire de Butare (Province du Sud) a d’abord exercé son métier d’avocat et spécialiste des droits de l’homme dans son pays. Puis, il est parti s’installer en Belgique d’où il a créé le projet pour la réconciliation (à découvrir sur le site www.projet-dvjp.net).

« Sans pardon, la blessure reste ouverte »

Avec le recul, Aloys Musomesha retient essentiellement de son expérience personnelle, les clés pour que les hommes et les femmes se pardonnent les uns les autres et avancent sur la voie de la réconciliation. Une nécessité même 21 ans après les faits, car sans pardon, « la blessure reste ouverte. Tant que la victime n’a pas travaillé sur elle-même pour atteindre ce pardon, elle voudra se venger. » Le même effort doit être fait, selon le spécialiste en droit de l’homme, du côté des criminels: « si la personne qui a offensé l’autre ne s’est pas repentie, elle peut récidiver. En osant cette demande de pardon, elle pourra se libérer un poids de la conscience. »

« Justice et réconciliation se complètent »

Chaque démarche de repentance est prise en compte dans le processus judiciaire sur le génocide. « La justice et la réconciliation sont deux processus indépendants qui se complètent », estime Aloys Musomesha. Le dialogue entre les victimes et les auteurs de ces massacres n’implique pas nécessairement un juge. Le créateur du projet pour la réconciliation prend un exemple: « Ce n’est pas facile, pour une mère de famille qui a perdu ses enfants pendant le génocide, de se tenir debout devant le bourreau de ses enfants. Il faut que chacun fasse un pas vers l’autre. Les responsables de l’Eglise au Rwanda ont parfois joué un rôle pour rapprocher les victimes et les responsables de l’infraction. »

« Comme une blessure qui cicatrise »

Pour que la justice puisse agir au Rwanda et juger les milliers d’accusés, le gouvernement a réactivé en 2001 des systèmes de justice locaux appelés Gacaca. Ces assemblées villageoises présidées par une personne sage a permis de pallier le manque de personnel judiciaire, et la destruction des tribunaux et des prisons. « Ce qui a été très positif dans ces Gacacas, estime le juriste en droit de l’homme, ces assemblées prenaient place sur les collines, sur les lieux mêmes des crimes. La population locale pouvait révéler la vérité. » Cette démarche n’épargnait pas de raviver les souvenirs douloureux: « comme une blessure qui cicatrise, cela fait mal de nettoyer la plaie. »

A.-F.de BEAUDRAP, Journal « Dimanche »

Source: Diocèse de Tournai