COLLECTIF DES ASSOCIATIONS DE LA SOCIETE CIVILE RWANDAISE (C.A.S.C.R)
Impuzamashyirahamwe ya Sosiyete Sivile Nyarwanda
Collective of Rwandan Civil Society Associations
15, rue des Dardanelles, 4800 Verviers, Belgique
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COMMUNIQUÉ N° 5/CASCR/2026 DU 31.01.2026
RÉFLEXIONS SUR LES ACCORDS DE PAIX SIGNÉS À WASHINGTON (U.S.A.) LE 4.12.2025 ENTRE LE RWANDA ET LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO (RDC) ET LEUR IMPACT SUR LA RÉSOLUTION DES PROBLÈMES DES RÉFUGIÉS RWANDAIS
Le Collectif des Associations de la Société Civile Rwandaise (CASCR) a le plaisir de faire connaître à tous son point de vue sur l’accord de paix signé à Washington, aux États-Unis d’Amérique (USA), par la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda le 4 décembre 2025. Nous profitons également de cette occasion pour vous souhaiter à tous une BONNE ANNÉE 2026 ; puisse-t-elle être une année d’efforts conjoints pour rétablir la paix dans les pays de la région des Grands Lacs Africains (GLR).
1. Ce que CASCR apprécie dans cet accord
En tant que membres du CASCR, nous soutenons également le règlement des conflits par le dialogue et la négociation, et nous saluons les efforts déployés par les États-Unis et le président Donald Trump pour mettre fin au conflit entre les Forces de Défense Rwandaises et le M23/AFC1 dans l’est de la RDC, conflit qui continue de faire de nombreuses victimes civiles innocentes, y compris des réfugiés congolais et rwandais qui y sont hébergés.
Nous saluons également la volonté du gouvernement de la République Démocratique du Congo et du président Félix Tshisekedi de résoudre le conflit par des moyens politiques et diplomatiques, sans recourir à une nouvelle guerre contre le peuple rwandais.
Suite à cet accord, le gouvernement rwandais ne pourra plus déclarer qu’il n’a pas de troupes armées en RDC.
2. Des inquiétudes subsistent quant à la mise en œuvre de l’accord
Après avoir constaté que les dirigeants des deux pays belligérants au moins ne se serraient pas la main en signe de paix, nombreux furent ceux qui s’interrogèrent sur le respect de l’accord par le gouvernement rwandais et le M23/AFC, sa signature ne signifiant pas en soi la fin du conflit.
Ces inquiétudes furent rapidement dissipées puisque, six jours plus tard seulement, le 10 décembre 2025, les forces de ces groupes armés lancèrent une nouvelle attaque contre la ville d’Uvira et s’en emparèrent. Outre cet acte honteux de non-respect de l’accord, le fait qu’il se soit produit le jour même où le monde célébrait l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme démontre leur intention de continuer à bafouer les principes de cette déclaration. Rappelons que, quelques jours avant la signature de l’accord, les forces du RDF/M23 avaient lancé des attaques dans plusieurs régions du sud de la RDC afin de s’assurer que cette signature survienne après que ces régions soient également conquises.
Tous ces signes indiquent donc que les forces gouvernementales rwandaises et les groupes du M23/AFCne manifestent aucune volonté d’appliquer cet accord. Ils ont considéré la signature de cet accord comme un jeu, ce qui leur a donné la force de poursuivre la guerre, tandis que le gouvernement congolais continuait de le respecter et de le mettre en œuvre.
Les membres du CASCR avons toujours condamné les meurtres et autres violations des droits humains perpétrés contre les réfugiés congolais et rwandais dans les zones occupées par ces groupes armés en RDC2. Ces actes sont contraires aux principes du CASCR. Le jour de la prise d’UVIRA, les membres du CASCR célébrions l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme et celui de la fondation de notre organisation, le 10 décembre 2016.
Nous condamnons fermement le gouvernement rwandais et le M23/AFC pour les attaques qu’ils ont menées dans la ville d’Uvira et dans d’autres zones avant la signature de l’accord, alors que tous les délégués s’apprêtaient à signer l’accord visant à mettre fin à la guerre et à rétablir la paix dans la région des Grands Lacs d’Afrique.
3. Critiques de l’accord par la CASCR
Ce que nous critiquons dans cet accord, c’est que les organisations de défense des droits des réfugiés rwandais n’ont pas été invitées aux négociations ayant abouti à l’accord. Pourtant, les autorités rwandaises affirment lutter pour la sécurité du pays afin que les réfugiés rwandais du FDLR3 au Congo ne la perturbent pas.
Quant aux États-Unis, il est clair qu’ils poursuivent leurs intérêts à la recherche des ressources minières précieuses et en continuant de coopérer avec les gouvernements rwandais et Qatari dans leurs affaires ; la question des réfugiés n’étant pas leur priorité. C’est pourquoi la société civile rwandaise est déterminée à défendre ces réfugiés afin que leur problème soit enfin résolue.
L’accord du 4 décembre 2025 ne prévoit aucun mécanisme de poursuite et de sanction des responsables des meurtres et des mauvais traitements infligés à des civils innocents en RDC et aux réfugiés rwandais sur place, contrairement à ce qu’a approuvé le Conseil de sécurité des Nations Unies.
Pour le gouvernement de la RDC, le rétablissement de l’intégrité territoriale et de l’inviolabilité du pays est une priorité absolue. Le gouvernement de la RDC devrait demander aux États-Unis d’autoriser l’extraction et le raffinage de minerais sur son territoire, plutôt que leur exportation vers le Rwanda, tant que les deux pays ne se réconcilient pas véritablement et ne signent pas de pacte de non-agression. Il devrait donc examiner attentivement les objectifs des États-Unis et leur demander de les concrétiser.
4. Les demandes du CASCR
Les réfugiés rwandais n’ayant pas eu la possibilité de dénoncer les injustices subies dans ces accords, et les autorités rwandaises prétendant qu’ils portent atteinte à la sécurité du pays, les membres du CASCR demandent ce qui suit :
1° Les gouvernements du Rwanda et de la République Démocratique du Congo (RDC) doivent garantir la sécurité des réfugiés rwandais et préparer leur retour au Rwanda en toute paix et liberté, sans obstacle ni différend.
2° Les États-Unis d’Amérique, médiateurs entre les deux parties, constatant le non-respect de ces accords par le gouvernement rwandais et le M23/AFC, doivent désormais écouter la voix des réfugiés rwandais afin de faciliter leur retour et enjoindre le gouvernement rwandais à supprimer tous les motifs de leur statut de réfugié, car le droit de vivre dans leur propre pays est un droit inaliénable. Les membres du CACSR condamnent les mensonges du gouvernement rwandais et des groupes M23/AFC qui prétendent avoir quitté la ville d’Uvira, car il s’agit d’une tentative de tromper la communauté internationale. En conséquence, le gouvernement américain est prié d’ordonner au M23/AFC de se retirer sans condition de tous les lieux qu’ils ont conquis par la force (Uvira, Goma, Bukavu et ailleurs).
3° Nous appelons les organisations qui défendent les droits de l’homme, la justice, l’unité et la véritable réconciliation des Rwandais, les journalistes et autres militants pour la démocratie au sein de la société civile, à se joindre à nous dans les activités de cette organisation CASCR afin que nous puissions unir nos forces, travailler ensemble et ainsi avoir le pouvoir de protéger les droits des citoyens rwandais où qu’ils soient et les réfugiés en particulier, notamment ceux de la RDC qui continuent d’être privés de sécurité en raison de la guerre dans ce pays depuis 1996.
Fait en Belgique
Bureau exécutif du CASCR
1 M23 : Mouvement du 23 mars. AFC : Alliance du Fleuve Congo
2 DÉCLARATION N° 2/CASCR/2025 du 20/03/2025 condamnant les meurtres que les RDF (Forces de défense rwandaises) en collaboration avec le mouvement M23 continuent de perpétrer contre les congolais et les réfugiés rwandais qui ont cherché refuge en République Démocratique du Congo (RDC) depuis 1994.
3 Front Démocratique de Libération du Rwanda